mercredi 13 mai 2020

Le Politicien

Ce que tout le monde (ou presque) aimerait savoir, c'est pourquoi le politicien moderne ne parvient pas à résoudre les problèmes individuels de ses propres concitoyens, alors que c'est, parait-il, son désir initial. Il cherche à se faire élire pour ça. Il est élu pour ça.

Tous les humains sont politiciens dès qu'ils se mettent à réfléchir au « bien public », à la société ou à la Nation. Mais on ne sait pourquoi, l'individu est oublié. Les politiciens s'oublient eux-mêmes (un politicien est un honnête politicien, le malhonnête n'en est pas un). Pourtant chaque individu compte, un par un. Pourquoi font-ils de la politique de gros au lieu de faire de la politique de détail ? Il n'y a ni société ni nation sans individu.

La société m'a imposé l'existence. Le politicien est associé à cet acte irrémédiable qui n'a aucune utilité en ce qui me concerne. Il ne peut que me nuire. Le politicien est donc complice de ça, de ce crime abject sur un innocent. Commettant un tel crime pourquoi s'inquièterait-il de la suite de mon existence ? Un politicien n'est-il pas honnête par définition ? Il faut donc supposer que le politicien est inconscient que certains de ses actes sont abominables. Il faut donc lui transmettre les clés de l'honnête politique.

Quant à moi, pourquoi dois-je me préoccuper de mon propre sort alors que la société m'a désiré ? N'a-t-elle pas, cette société, prévue mon existence dans le bienêtre ? Si c'est dans le bienêtre, alors je n'ai rien d'autre à faire, qu'à vivre une vie, certes imposée, mais agréable. Et si ce n'est pas le bienêtre que vous me proposez comme existence, pourquoi m'avoir imposé cette vie alors que ce n'est pas ce que vous désirez pour vous-même ? Dois-je à mon tour devenir politicien parce que vous êtes inconséquent ? Dois-je devenir politicien pour régler les problèmes que vous ne parvenez pas à résoudre ? Pourtant la solution est simple : ne rajoutez des associés à vos sociétés, à vos nations, que lorsque les problèmes individuels de bienêtre seront tous résolus.

En France environ 800 000 personnes sont fabriquées chaque année. Le politicien qui ne pense qu'en gros, est la mère de ce pack d'individus, puisqu'il en prend volontairement la responsabilité. Et il en fabrique systématiquement dans le tas un pourcentage élevé de malportants. Il s'en fiche puisque son but est le gros, pas le détail. La nation doit tourner, sans raison, mais elle doit tourner parce que des rois ont lancé la toupie France bien avant, et que c'est devenu une habitude. Il faut que le machin tourne. Alors, les « malportants », il les oublie. Il s'en lave les mains. Il les laisse au tutorat des parents et éducateurs.

Comment appelez-vous un politicien qui lance la fabrication de milliers de malportants chaque année ? Comment appelez-vous un politicien qui fabrique des illettrés volontairement ? Qui fabrique des taulards volontairement ? Qui fabrique des clochards avec régularité ? Etc. Puisqu'il en veut la responsabilité, il est responsable. Il n'est pas responsable que des Nobel ! Bon, admettons encore une fois qu'il en est inconscient.

(Sinon, si ça l'intéresse, je peux lui apprendre que la responsabilité est une ânerie que les humains ont inventée... ainsi que le libre arbitre. Pour simplifier, chacune de ses fonctions mentales et chacune de ses connaissances est déterminée par les activités et structures des composants matériels de ces fonctions et connaissances : déterminé = déterminisme. Composants matériels qui constituent la pensée, mais qui ignorent qu'ils la constituent puisqu'ils ne pensent pas eux-mêmes. Pour modifier la pensée commune, il faut des outils variés, clé anglaise, tournevis, marteau, etc., mais je vous en offre un gracieusement, qui est « l'innocence d'exister ». Usez.)

La démocratie des bienportants n'a de sens que si tout le monde est bienportant, si tout le monde vit dans le bienêtre. Le bienêtre est une idéologie ultra-simple. Appelez-la « bienêtrologie ». Fondez le parti de la bienêtrologie.

Voici sa Constitution :

Préambule : Étant donné que toute personne doit vivre dans le bienêtre, sinon il est inutile de lancer sa fabrication. Étant donné que les conditions du bienêtre absolu sont réunies avant la fabrication de la personne. Étant donné que la pérennité de la société n'est pas une raison suffisante pour fabriquer une personne potentiellement malheureuse, d'autant plus quand son but est de garantir le bienêtre des individus qui la constituent. Étant donné que les dommages collatéraux de fabrication et d'éducation sur les individus sont interdits.

Article 1, 2 et 3 : Si tu m'imposes d'exister, tu me donnes le bienêtre, pendant la durée d'une existence très longue.

Fin de la Constitution de la bienêtrologie.

Voilà, accomplissez ceci et ce sera la fin de la politique et du politicien. Mais le politicien désire-t-il sa propre fin ? Réponse : le politicien étant honnête par essence, oui. Il suffit de lui ouvrir les yeux et la conscience.

Fin – E. Berlherm


L'erreur

Faisons-nous des erreurs ? Un logiciel fait-il des erreurs ? Quelle est la différence entre l'erreur humaine et la mauvaise réponse donnée par un logiciel ?

Si vous programmez un logiciel de calcul (par exemple), le programme peut être mal conçu et donner de mauvais résultat. La machine n'a pas fait d'erreur. Elle a donné le résultat parfait que lui a commandé sa programmation. Si vous programmez une table de multiplication et qu'elle vous affiche 5, à la demande 2 X 2, vous pouvez dire qu'elle a fait une erreur, sauf que ce n'est pas une erreur de sa part. Il s'agit seulement du mauvais résultat comparé à ce qui était prévu. Vous attendiez que la machine réponde 4. La machine a donné le mauvais résultat, mais elle n'a fait que suivre sa programmation qui lui commandait d'afficher 5. La machine a correctement fonctionné.

Si le programme a été mal conçu, vous pouvez dire que le programmeur a fait une erreur de programmation. Mais supposons que le programmeur soit un autre logiciel, un logiciel maitre. C'est un logiciel capable de concevoir un autre logiciel et de le programmer. Ceci est réalisable et déjà réalisé. Est-ce qu'on va dire que le logiciel maitre a fait une erreur alors que ça n'est qu'une machine, de même nature que le logiciel qu'elle conçoit ? On peut seulement dire que lui-même a conçu un programme qui ne donne pas le bon résultat. Le logiciel maitre a donc lui-même été mal conçu. Il n'a fait que suivre sa programmation.

Supposons maintenant que le logiciel maitre soit une IA, c'est-à-dire un système capable d'apprendre, et en fait qui n'est pas programmé directement pour agir de telle ou telle manière, mais qui doit s'adapter. Comme une IA d'échecs ou de go. Est-ce que cela change quelque chose lorsqu'elle conçoit une action qui ne correspond pas à ce que l'on attend ? Est-ce qu'on appelle ça une erreur ou une mauvaise conception de l'IA ?

En fait, nous allons parler d'erreur, parce que le mot est simple et couramment employé, mais personne ne va reprocher quoi que ce soit à l'IA, au logiciel maitre. Il fonctionne comme nous l'avons conçu. Ses pseudos-erreurs ne vont pas l'amener devant la cour de Justice.

Quelle différence faites-vous entre cette IA, ce logiciel, et l'enfant que vous avez conçu ? L'enfant que vous avez contraint d'exister pour vous rendre service ? Comment fonctionne-t-il cet enfant ? Ne produit-il pas les erreurs et fautes que vous avez commises sur lui ? Ne produit-il pas vos défauts de conception et d'éducation, c'est-à-dire de programmation ?

Vous ne maitrisez rien quand vous produisez cet enfant, pas plus sa fabrication que son éducation ; et vous le savez. Les éducateurs le savent, la justice le sait, le législateur le sait, le gouvernement le sait. Cette fabrication et cette éducation demandent une expertise extrêmement pointue qu'aucun être humain ne possède. Et pourtant vous pouvez accuser vos enfants de commettre des erreurs.

Vous pouvez leur trancher la tête, les fusiller, les pendre, les torturer, les incarcérer dans l'isolement total. Vous êtes excusables, car vous avez été vous-même très mal fabriqué et très mal éduqué. Vous n'avez pas commis d'erreurs, vous avez été simplement mal conçu par d'autres êtres mal conçus eux-mêmes, et vos actes, comme les leurs, correspondent au fait que vous avez été mal conçus.

Ce n'est que votre mauvaise conception par vos géniteurs qui vous font vous conduire comme vous vous conduisez. Vous n'y êtes pour rien. Vous fonctionnez. Vos concepteurs également. Et pourquoi devriez-vous supporter d'avoir été mal conçu ? Pourquoi devriez-vous supporter d'avoir été conçu, tout simplement ?

Quand nous disons « Je » fais ceci, « Je » fais cela, ce sont nos concepteurs qui nous ont éduqués pour apprendre à dire « Je » à bon escient. C'est du moins ce qu'ils ont essayé et la plupart du temps ils y parviennent sans savoir comment précisément. Mais combien fabriquent-ils de troubles de la personnalité ? Des exclus de la marche normale de la société, donc transparents.

La volonté s'apprend également, ainsi que l'intention, et toutes les autres fonctionnalités mentales. Elles sont constituées de mécanismes neuronaux dont nous ignorons intimement tout le fonctionnement. Le cerveau est une boite noire constituée de mécanismes noirs. Notre pensée est faite de sortes de logiciels qui contrôlent d'autres sortes de logiciels ; le logiciel maitre étant celui que nous nommons « Je », mais il n'est qu'une sorte de logiciel qui a été « construit » et « programmé ».

Vous ne vous « sentez » pas machine ? Moi non plus et pourtant cela fait plus d'un quart de siècle que je sais tout cela ou presque et plus d'un demi-siècle que je le subodorais.

Alors comment peut-on changer les choses sans violence ? Eh bien en parlant. En corrigeant l'éducation. En changeant la loi. En mettant dans le crâne des personnes, que nous sommes tous innocents d'exister donc innocents de nos actes, car contraints d'exister. En faisant savoir que nous ne sommes que le résultat de notre fabrication et notre éducation. En interpelant la Justice qui doit appliquer la loi dans toute sa vérité : nous sommes innocents d'exister, nous ne sommes pas responsables.

Si nous reprogrammons nos cerveaux par ces petits coups de tournevis dans nos logiciels mentaux, peut-être que nous y parviendrons. Mais il faut cesser de croire, et de croire à notre origine divine. Si cela avait été le cas, le programmeur divin aurait été vraiment mauvais. En tant que dieu, j'aurais été cent fois meilleur que lui. Et surtout, je ne vous aurais pas reproché mes erreurs de conception. Je ne vous aurais jamais reproché et conçu pour que vous vous reprochiez vos propres erreurs de conception. Il est inimaginable qu'il vous soit imposé des conduites aussi stupides.

Fin – E. Berlherm


L'empathie

Je voudrais vous proposer une expérience de pensée, sur la pensée elle-même. Ce n'est pas de l'introspection. Mais à partir d'une observation que je me suis faite sur la mémoire et la manière dont nous stockions les objets dans notre cerveau.

La science nous a appris que la lumière, provenant en général du soleil ou d'une source lumineuse, frappait les objets et en quelque sorte rebondissait dans toutes les directions et en particulier vers nos yeux quand nous étions à proximité. Et de manière automatique le cerveau utilise les signaux provenant de l'objet et forme une image correspondant à cet objet. Il nous renseigne assez exactement sur sa couleur, sa forme, ses dimensions, et sa position dans l'espace. Ce n'est pas notre cerveau qui projette l'image devant nos yeux. Pourtant c'est bien l'impression que nous avons. Mais d'après ce que nous dit la science, l'image est une production du cerveau. Je suppose donc que si je regarde un paysage, tout cet univers qui me fait face à des kilomètres, ces nuages et ces montagnes sont en fait des images dans mon cerveau. Ces objets de la nature sont pourtant à des kilomètres et sont très grands. Alors comment mon cerveau parvient-il à me faire croire qu'ils sont devant moi ? Comment peut-il contenir quelque chose qui est plus grand que moi ? (Mais ça, c'est une question annexe et je vous donnerais ma réponse dans un autre article.)

Donc, voilà un gobelet rouge un peu étrange. Je le place devant vous. C'est la première fois que vous le percevez. Si on fait une IRM de votre cerveau à ce moment, on va probablement voir que le cortex visuel est actif ainsi que et certainement d'autres zones du cerveau. Puis si je vous représente le même gobelet une seconde fois après l'avoir caché quelques instants, ce seront en gros les mêmes zones de mémoires qui vont être activées. Si la mémoire n'est pas répétitive, je ne vois pas comment ça peut fonctionner. Donc supposons que l'image du gobelet soit stockée dans la zone alpha du cerveau, quelle qu'elle soit.

Si je vous montre une troisième fois le gobelet, cette même zone de mémoire sera activée. On peut le supposer sans trop se tromper. Sauf que je vous ai montré cette fois-ci un deuxième gobelet, parfaitement identique au premier. J'ai à ma disposition deux gobelets, que j'ai noté A et B. Et c'est donc le B que je vous ai montré cette troisième fois. Ma question est donc : ce gobelet est-il décodé par votre cerveau dans la zone alpha ? Puisque vous n'avez pas fait la différence et que vous l'avez reconnu comme étant A alors qu'il était B, cela parait correct. N'est-ce pas ?

Voilà le paradoxe : que se passe-t-il quand je vous montre les deux objets simultanément ? Vous en percevez deux. Mais si j'en cache un quelconque, A ou B, on se retrouve dans la situation initiale. Vous reconnaissez le gobelet restant devant vos yeux, quel qu'il soit, comme étant le A. Donc, pourquoi en voyez-vous deux quand je vous en montre deux, et comment le cerveau qui semble décoder les deux gobelets au même endroit alpha dans le cerveau, nous en montre-t-il deux (ce qui est préférable) ?

En informatique, nous réalisons ce type de simplification, cela évite de multiplier la programmation et d'user de la mémoire logicielle pour rien. Il y a une seule zone de mémoire représentant l'objet dans le logiciel, mais nous pouvons tracer l'objet à des emplacements différents sur l'écran afin de le multiplier autant que nécessaire. Par analogie, cela signifierait que le cerveau pourrait fonctionner comme un écran. Pourquoi pas ? Une zone écran et une zone logicielle...

Bon, passons à l'empathie. Une fois qu'on a posé l'idée que deux objets similaires sont décodés au même endroit dans le cerveau, on peut tenter de passer à l'être humain. Prenons par exemple des jumelles, Virginie et Gisèle. Vous êtes présenté à Virginie, et le jour suivant vous rencontrez Gisèle par hasard, et bien entendu vous la saluez par un « Bonjour Virginie ! ». Il est évident que votre cerveau l'a décodé par la zone de mémoire correspondant à la première des deux sœurs.

Maintenant, mettez-vous à la place des deux sœurs. Quand elles se regardent face à face, elles doivent avoir l'impression de se voir dans un miroir. C'est-à-dire que l'une comme l'autre décode sa sœur dans la même zone de mémoire correspondant à la zone de l'image d'elle-même vue dans le miroir.

Quand chacune d'entre elles de son côté a une émotion, on peut supposer que les circuits nerveux correspondants à cette émotion doivent avoir une relation directe avec les neurones correspondants à l'image d'elle-même, donc à l'image de leur sœur. De la même façon que la sonnerie du téléphone est associée à l'image du téléphone dans le cerveau, sinon on voit mal comment le cerveau ferait la connexion entre les données concernant un objet.

Donc j'en déduis que l'empathie vient de cette capacité du cerveau à décoder les choses semblables au même endroit. Et comme les humains se ressemblent, les émotions que l'on ressent se connectent aux êtres qui nous ressemblent plus ou moins et d'une manière ou d'une autre, par leur physionomie ou leur allure générale.

Pour conclure avec la notion d'innocence d'exister. Pourquoi ne pas user de l'empathie pour votre propre enfant et le reporter sur tous les enfants du monde ? Ils sont tout comme votre enfant, innocents d'exister et innocents de leurs actions, car ils ont été contraints d'exister, tout comme votre bambin. En ce qui concerne votre propre enfant, vous pouvez, vous devez au moins admettre que c'est bien vous qui lui avez imposé de participer à votre vie dans notre monde, sans qu'il vous ait donné son approbation à cette sentence d'existence ! N'est-ce pas ? Donc, reconnaissez son innocence d'exister, et si vous le faites, vous admettrez celles des autres enfants, et en fait celle de tous les humains qui sont tous enfants d'enfants depuis l'origine du monde humain.

E. Berlherm




Devoir et Liberté ?

Il parait que je suis libre, mais :

je dois exister parce que d’autres me l’ont imposé ;

je dois accepter le fait accompli de mon existence ;

je dois accepter ma nature, la Nature, l’univers, le système solaire, le soleil, la lune, les étoiles, la terre, etc. ;

je dois accepter mon humanité ;

je dois accepter ma société, ma nation, les autres sociétés, les autres nations, les frontières ;

je dois accepter mon genre féminin ou masculin ; et donc ma sexualité ; et donc ma libido ; et donc mes hormones ;

je dois croitre ;

je dois sortir du ventre de ma mère ;

je dois naitre ;

je dois respirer ;

je dois boire ;

je dois manger ;

je dois excréter, déféquer, uriner, suer, pleurer, vomir, saigner, etc. ;

je dois dormir ;

je dois rêver ; je dois cauchemarder ;

je dois grandir ;

je dois ressentir, voir, entendre, gouter, etc. ;

je dois souffrir, car la souffrance a été installée en moi ;

je dois subir mes émotions ;

je dois accepter mes handicaps, présents et futurs, et ceux des autres ;

je dois accepter les maladies, les miennes et celles des autres ;

je dois être vacciné ;

je dois être inconscient et conscient ;

je dois percevoir ;

je dois subir ma bonne mémoire comme ma mauvaise mémoire ;

je dois penser ;

je dois avoir de la volonté ;

je dois choisir ;

je dois avoir des intentions, de la volonté ;

je dois apprendre ; je dois être éduqué ;

je dois subir les autres, ma génitrice, mon géniteur, ma famille, les enfants, les adultes, la société, l'humanité, etc. ;

je dois subir la hiérarchie familiale et sociale ;

je dois obéir aux ordres ;

je dois subir l’école ;

je dois subir les examens ;

je dois obéir aux coutumes et aux lois familiales et sociales ;

je dois subir le chantage familial et social toute ma vie ;

je dois faire des enfants (non, ça, je n’y suis pas obligé, je suis même le seul animal qui n’y soit pas mécaniquement contraint par la nature malgré les désirs copulatoires ; malgré mes érections ; malgré mes rêves érotiques ; malgré les tentatrices ; malgré...) ; 

je dois subir l’univers et ses mécanismes, le monde, le climat, la pluie, les nuages, l’ombre, la lumière, la nuit, le jour, le matin, le soir, la gravitation, mon poids, l’air, le vent, etc. ;

je dois subir le froid, la chaleur, l'humidité, la sècheresse, etc. ;

je dois subir les religions ;

je dois subir la Bêtise humaine, ma propre bêtise ;

je dois subir les faiblesses de mon corps, ma fragilité physique et mentale;

je dois subir le temps ; les secondes, les minutes, les heures, les jours, les semaines, les mois, les années, mais pas les siècles ni les millénaires sauf les millénaires passés ;

je dois subir la violence des autres, leur agressivité ;

je dois subir la douceur, l'empathie, la compassion même si c'est préférable aux précédents ;

je dois subir le mensonge, l'hypocrisie ;

je dois subir la concurrence entre humains et la compétition ;

je dois gagner ma vie alors qu’on me l’a donnée ;

je dois mériter mon sort alors que je n’ai pas demandé de sort quelconque;

je dois travailler pour éviter la souffrance puisque je dois manger ou mourir ;

je dois payer des taxes et des impôts sur mon travail, qui est déjà une corvée sociale ;

je dois vieillir ;

je dois subir les handicaps de l’âge, jeunesse et vieillesse ;

je dois payer ma retraite à l'avance, pas encore mon enterrement, mais cela va venir alors que je n'ai pas demandé à exister ;

je dois me poser des questions, me torturer l’esprit sur l’existence, sur la vie, la mort ;

je dois mourir ; et très souvent nous mourons dans la douleur pour épicer la fin de vie ;

Aujourd'hui, début avril 2020, je dois subir le confinement dû au virus covid-19 ;

mais il parait que je suis libre…

 [Et si vous ne l'aviez pas encore compris, vous êtes innocents d'exister donc innocents de tous vos actes, et n'oubliez pas que les autres sont tout aussi innocents que vous ; ce qui est peut-être très troublant, mais c'est ainsi. Tirez-en les bonnes conclusions.]


Fin – E. Berlherm



La cage

Si je vous installe sans votre consentement à 40 ans dans une cage de 3m², on peut supposer que vous allez tenter de vous échapper et de vous venger.

Si j'augmente la taille de la cage à 20m², cela ne devrait rien changer à votre haine à mon égard.

En fait, quelles que soient les dimensions du lieu de votre détention, de l'endroit où je vous installe agréablement ou non, vous êtes en droit de m'en vouloir à mort puisque je gère votre vie à ma guise. Ce n'est qu'une question de principe.

Et si vous avez un âge différent, cela ne devrait rien changer.

Mais si je parviens à vous berner, cela pourrait être la seule manière de vous faire tenir tranquille.

La meilleure façon de vous tromper, n'est-elle pas de vous installer très jeune là où je le désire, puis de vous faire croire que cela est normal ? En fait je n'aurais rien à vous dire puisque vous ne connaitrez rien d'autre et que votre cerveau sera imprégné de ce que j'aurais décidé pour vous.

C'est ainsi que font les parents, avec leurs enfants. Il va même vous sembler normal de naitre handicapé, de mourir du cancer, de subir des accidents de la route, des fractures, des tétraplégies, de devenir parkinsonien ou alzheimer, d'entendre parler de guerre ou d'y participer, de subir des attentats ou d'en commettre, d'être criminel ou victime, d'être emprisonné, de devoir acheter votre corps (la nourriture), acheter votre eau, et votre air (un masque pour filtrer l'air contre les virus polluants), de vivre en HLM, dans un bidonville, une iourte, subir +50° ou -50°, etc., puis de mourir.

N'est-il pas normal au milieu de tant de milliards d'humains qui pullulent normalement d'être un bipède, de regarder les oiseaux avec envie, les guépards avec admiration, les baleines avec stupéfaction, les insectes avec étonnement, dérision ou dégout ?

Les parents vous installent dans le couloir de la mort dès la naissance et c'est normal puisqu'ils vous le disent, puisque tout le monde vous le dit.

Effectivement, c'est normal, puisque la normalité c'est de faire comme tout le monde ; et plus il y a de monde plus la normalité est normalisée, à tel point qu'on est obligé de fabriquer des lois pour normaliser le monde avec encore plus de rigueur. Mais c'est stupide.

La cage se nomme Terre. Elle ne fait que 510 millions de km².

Si vous n'avez pas compris que vous étiez innocents d'exister, car contraints d'exister, et donc innocents de tous vos actes, peut-être ces quelques mots vous en auront-ils fait prendre conscience ! De façon annexe, demandez-vous pourquoi la société et ces milliards de têtes pensantes ne vous ont pas révélé le subterfuge. Songez à tous ces condamnés stockés en prison par une révoltante injuste justice qui ont pourtant droit à une juste révolte du simple fait d'exister.

E. Berlherm


mardi 14 avril 2020

Le marché de l'air

Le marché de l'air


Nous payons notre eau, nous payons notre nourriture, et maintenant nous allons payer notre air. En achetant un masque, nous achetons un filtre à air, nous achetons donc notre air, comme nous achetons de l'eau épurée. Puisque nous ne pouvons sortir prendre des bains de soleil, il va falloir que nous achetions de la vitamine D, c'est-à-dire qu'il va même falloir se payer le soleil. Vous appréciez l'esclavage, alors poursuivez! 

E. Berlherm

lundi 13 avril 2020

Bébés médicaments




Bébés médicaments


Définition de « bébé médicament » captée sur Doctissimo:
« Un nouveau-né capable de sauver son frère ou sa sœur d'une maladie grave, voilà ce que signifie l'expression de "bébé médicament" ou "bébé du double espoir". Si ce terme peut parfois choquer, il est aujourd'hui possible de concevoir un enfant possédant de telles caractéristiques. »


Un embryon peut être choisi selon ses spécificités (donc après la fécondation de l'ovule et plutôt que de l'avorter il est sélectionné pour soigner un membre de la fratrie gravement malade). Cela permet de soigner un frère ou une sœur porteurs d'une maladie génétique sans remède. Sa fabrication (sa mise au monde) autorise par exemple une greffe de sang du cordon ombilical ou de moelle osseuse pour le frère ou la sœur incurable sans cela. Le premier bébé médicament est né en 2000 aux USA, la France a autorisé la fabrication d'un enfant médicament en 2006.


Cette autorisation de procréer un bébé médicament suppose que le bébé médicament sera (relativement) sain. L'embryon est même mis en route pour cette raison : il faut qu'il soit indemne de la maladie de son ainé. La personne est donc fabriquée pour « servir » ses parents et sa sœur ou son frère, et la société par la même occasion, car si l'on peut soigner l'enfant malade, cela fera autant de moins à payer tout au long de sa vie par des soins souvent lourds et couteux. Le premier avait déjà été fabriqué pour le service parental et social, il n'y a donc pas de grandes différences de conception (c'est le cas de le dire) entre le premier et le second.

Le premier avait été loupé, et comme cela porte préjudice à la famille et à la société statistiquement, on lance la fabrication d'un autre pour rattraper le coup. Si les parents étaient dans la normalité, avec le bébé sain à venir, cela fera du 25% loupé. On reste dans les normes mondiales. Trois pour faire tourner la nation et le quatrième qui servira à occuper quelques membres de la même nation.

Fabriquer un bébé (une personne), un seul, n'est pas une obligation. Personne n'y est obligé (excepté les femmes violées vulgairement ou patriarcalement). Avant que ce bébé soit fabriqué, sa vie n'avait pas de sens puisqu'il n'existait pas. Donc le fabriquer sans raison à ses très grands risques (et aussi celui de la mère) est carrément stupide, c'est animal donc stupide, mais quand c'est humain, c'est-à-dire quand l'acte est analysable logiquement, compassionnellement, c'est immonde.

Un dessin vaut mieux qu’un long discours :
Ce rectangle (vous ne voyez pas un rectangle ?) représente les quelque 140 millions de personnes qui sont fabriquées chaque année sur Terre en ces dernières décennies de folies. La partie à droite est encombrée de formes colorées représentant les humains censés être normaux, et à peu près bien portants.

La partie étoilée à gauche représente les handicapés de naissance, les plus gravement infirmes, les plus douloureusement sabotées par leurs parents avec l'assentiment social et votre propre accord. Cette part gauche de l'humanité a toujours existé, plus ou moins importante, mais a toujours existé.

Quand vous lancez la fabrication d'un enfant, le vôtre (qui ne vous appartient pas), vous acceptez ces millions de handicapés comme une nécessité pour la pérennité de votre espèce, pour la pérennité de votre nation, pour la pérennité sociale, pour la pérennité de vos idées, pour la pérennité des mécanismes de l'univers (dois-je vous demander à quoi servent ces différentes pérennités ?). Vous êtes complices du crime infini de leur fabrication.

Avant de lancer la fabrication d'un enfant, avez-vous ouvert les yeux sur leur sort ? Avez-vous fait un tour (tel un touriste du malheur) dans un hôpital, dans un centre pour handicapé physique ou mental, une école pour enfants inadaptés, une simple petite excursion sur le site de l'OMS, sur celui de handicap international ? Vous ne voyez pas de handicapés autour de vous, c'est qu'ils sont cachés (condamnés au confinement à perpétuité pour cause d'impéritie des fabricants).

Je reviens à mon quasi rectangle ci-dessus. La part de handicap de l'humanité est une certitude. Je dirais une habitude. Nous ne pouvons faire sans. Chaque couple, chaque femme, quand ils ébauchent leurs nourrissons, l'espèrent au moins normal, l'imagine même supérieur. En fait, ils jouent aux dés à quatre faces sur le dos du marmot qui n'est pas encore une personne puisque ce jeu est interdit sur la tête des humains non consentants. L'humanité elle, ne joue pas au dé. Le sort d'une part d'entre elle est d'emblée inéluctablement joué.

Pour que les normaux existent et fassent tourner quelque chose qui n'a aucune utilité dans l'absolue, ils doivent faire exister le handicap et obliger à souffrir son porteur i-n-c-o-m-m-e-n-s-u-r-a-b-l-e-m-e-n-t (au vrai sens de l'adverbe).

Si un individu joue à la roulette russe, par contre l’État ne le fait pas. Il ne joue pas. Il coupe la poire en quatre. Il ne désigne personne en particulier pour subir le malheur du handicap. Mais ce quart sera handicapé gravement. Pire qu'à la guerre. Pire que le confinement servant à sauver quelques milliers ou dizaines de milliers de personnes. L'humanité est handicapée, elle souffre, mais les États s'en foutent. La souffrance est virtuelle pour eux puisqu'ils ne la ressentent pas directement. (Pour rappel, un quart de huit-milliards de personnes, cela doit faire aux alentours de deux-milliards. Les entendez-vous chuchoter leur douleur ?)

Ce quart de handicapés pourrait être sauvé, mais l’État a besoin de sa propre pérennité sans utilité (la continuité de l’État). Alors il préfère conserver le tabou sur le sujet existentiel. L’État fait tout ce qu'il peut pour conserver le peuple dans l'ignorance de la question existentielle dont les philosophent parlent pourtant depuis des milliers d'années. À quoi sert d'exister ? Réponse : à rien. Alors, pourquoi faire souffrir tant de gens ? Réponse : je dois poursuivre. Quoi ? Réponse : l'existence de l'inutilité.

Pourquoi obéir à l'ordre d'exister de l'univers ? Réponse : je suis une personne libre d'obéir si ça me chante, au détriment des souffrants (il s'agit du même genre de libéralisme que le monétaire, toujours au détriment des autres. Libéralisme animal = loi du plus fort.)

Nous sommes tous des bébés médicaments. Nous servons à colmater les brèches de la nation que sont les vieux qui meurent sans gaité de cœur. Nous sommes fabriqués pour soigner la psychopathologie de nos parents. Sans nous ils s'ennuieraient. Sans nous leurs libidos auraient des lacunes. Sans nous l'idée de pérennité que la culture leur a mise en tête leur provoquerait un traumatisme profond.

Nous devons faire gonfler le ventre de nos mères, qui se plaindront de leur propre souffrance. Tu accoucheras dans la douleur. Ne mérites-tu pas de souffrir si c'est pour participer à ce carnage du handicap ? Voyez ces dizaines de milles ventres gonflés à terme expulsant ce jour (aujourd'hui comme demain) les souffreteux pour le service national.

Société = associés = complices.


Merci.


E. Berlherm