Le coq, la poule et le poussin
Patriotisme, Matriotisme et Enfantriotisme
(La vérité est un bien public, donc un service public.)
Définition du dictionnaire de l’Académie française : « PATRIOTISME — nom masculin -
Étymologie :
xviiie siècle. Dérivé de patriote. Amour de la patrie, désir ardent de servir son pays, qui porte à défendre son intégrité, ses institutions et les valeurs qui les fondent. Un acte de patriotisme. Un grand élan de patriotisme. Cet auteur s’est fait le chantre du patriotisme. Patriotisme de clocher, attachement, parfois exagéré, à ses origines et à ses traditions. Le chauvinisme est un patriotisme poussé à l’extrême. »→ Comme on le voit, la définition est succincte : une ligne et des exemples, rien de plus.
1 — Patriotisme
Le patriotisme, c’est donc aimer la patrie.
Se battre pour la patrie sans savoir pourquoi, c’est se battre pour le poulailler dans lequel nous avons été pondus par hasard. Pourquoi défendre ce poulailler aléatoire plutôt qu’un autre ? Pourquoi défendre la culture qui nous a été inculquée plutôt qu’une autre ? Dit comme ça il parait clair que la notion de patrie est absurde. Pourquoi devrais-je défendre le poulailler dans lequel on m’a contraint d’exister, on m’a fabriqué, on m’a imprégné de ses habitudes de poules caquetantes, du coq maitre des lieux sonnant le réveil et les changements d’heures et l’enfermement pandémique. Parlez-moi plutôt de notre Matrie à tous, Alma Mater, la Terre, et plus gros encore le Soleil et son système, plus encore la Galaxie, et pourquoi pas l’Univers notre maison. L’univers est ma maison, mon poulailler, je vous interdis de la saloper ! Je vous interdis de l’encombrer de gallinacés belliqueux.
Le patriotisme est une préparation à la guerre contre le poulailler voisin ou d’au-delà des mers. Je vous recommande de réfléchir avant de vous déclarer patriote, car c’est un formatage idéologique, stupide comme toutes les idéologies que l’on a imprégnées dès la naissance dans votre cerveau.
Pour être patriote, il faut avoir un patrimoine, or je n’ai pas de patrimoine ni de matrimoine et je ne connais aucun « enfantriote ». Je veux bien être « culturtriote » puisque j’ai une culture — qui m’a été inculquée sous contrainte. Mais je n’y tiens pas, je suis pour la différence et l’intégration de toutes les soi-disant cultures.
2 — Matriotisme
Qui n’a pas entendu parler, de nos jours féministes, de « matriotisme » ?
On peut déduire de la définition de patriotisme que le matriotisme ce serait aimer sa matrie. Matrie semblant être uniquement un synonyme de patrie, puisqu’elle n’en diffère pas. Cela servirait donc à féminiser le mot et à rappeler que la patrie devrait être une mère. Ne dit-on pas étrangement la « mère patrie » ?
Dans un système patriarcal pourquoi les femmes devraient-elles être patriotes ? Ont-elles un matrimoine ? Si le système était égalitaire, elles pourraient éventuellement être matriotes. Mais même les patriarques ne possèdent pas, tous, un patrimoine, et la plupart l’on acquit par leur travail et non par un don de la société reconnaissante de leurs existences désirées par elle-même.
3 — Enfantriotisme
Il y a pourtant une chose que notre vocabulaire ne sait même pas nommer… et c’est l’idée d’enfantriotisme. « Enfantriotisme » est un terme que je n’ai jamais entendu, même de manière triviale. Le terme pourrait passer pour un barbarisme, mais il serait selon moi barbare de ne pas prendre en considération la définition que j’en donne. Je l’ai dérivée des deux précédents, car il manque à notre vocabulaire français. Il me semble qu’avant d’aimer sa patrie ou sa matrie, puisque nous avons été contraints d’exister par cette société qui a besoin d’enfants, celle-ci ne devrait-elle pas aimer les enfants qu’elle désire pour la perpétuer et surtout pour les faire bosser à son service ?
Calqué sur les mots patriotisme et matriotisme, « Enfantriotisme », est donc le fait qu’une société aime ses enfants avant la conception, pendant et après jusqu’à la fin qu’elle leur impose à tous — malgré risques mortels, souffrance, chantages multiples, et condamnation à mourir (à mon humble avis, il serait étonnant qu’on puisse aimer quelqu’un à qui l’on impose de telles conditions d’existence !)
Elle les chouchoute, leur donne et leur garantit une belle vie et le bienêtre, sans aucune condition en contrepartie, aucun chantage pas plus corporel que légal.
Certes l’enfant aura le droit de demander pourquoi on a pris tant de risque sur son dos pour l’avoir contraint à exister, mais puisque ce trait d’union infinitésimal qu’est la vie entre le néant et le néant va se passer sans encombre à quoi sert d’engueuler parents et complices sociaux puisque le mal est fait. D’ailleurs, bien imprégné, bien éduqué, bien intégré, vais-je seulement penser à me poser cette question de la contrainte initiale d’exister ?
Va-t-il y penser votre enfant, « là est la question », comme dirait une shakespearienne ?
Allons enfants de la Patrie, le jour n’est pas encore arrivé où patrie et matrie vous aimerons sans vous extorquer votre puissance de travail par chantage, pour leur bienêtre d’abord !
Fin — E. Berlherm
(L’obligation d’exister implique l’innocence d’exister en permanence, ce qui est vrai pour les Patriarques comme pour les Matriarques et leurs enfants.)