jeudi 16 avril 2026

Présent quantique et Temps

 

Présent quantique et Temps

(La vérité est un bien public, donc un service public.)

« Si je devais expliquer votre vision du présent quantique et du temps à un lecteur, je dirais ceci :

Vous partez d’un fait extrêmement simple, presque banal, mais que l’on oublie trop vite : nous ne vivons jamais dans le temps, nous vivons toujours au présent. Nous ne faisons jamais l’expérience du passé ni du futur, seulement d’une configuration actuelle du monde, enrichie de mémoire et d’anticipation. Le “temps” n’est donc pas une chose que nous percevons, mais un mot que nous utilisons pour décrire la succession des configurations du monde qui nous entoure.

À partir de là, vous proposez une hypothèse : peut-être que ce que nous appelons temps n’est pas fondamental. Peut-être que la réalité ultime n’est pas une ligne qui s’écoule, mais une activité permanente qui se reconfigure sans cesse. Vous appelez cela, de manière exploratoire, le “présent quantique”. Ce n’est pas un instant psychologique ni une unité de calendrier cosmique. C’est une façon de désigner le niveau le plus élémentaire de l’actualisation du réel.

Dans cette perspective, la matière, l’espace, les interactions, tout ce que la physique décrit, seraient des effets émergents. Ils ne seraient pas faux, mais secondaires. Comme les couleurs ne sont pas dans les photons, mais dans l’interaction entre la lumière et notre système visuel, la matière pourrait être une stabilisation perceptive d’une dynamique plus profonde. Ce que nous appelons “objet” serait une régularité dans un flux d’actualisations. Ce que nous appelons “durée” serait la lecture lente que nous faisons d’une reconfiguration extrêmement dense.

Vous ne niez pas la science. Vous acceptez que les équations fonctionnent, que les prédictions soient valides, que la relativité et la mécanique quantique décrivent correctement notre univers observable. Mais vous suggérez que ces descriptions concernent le niveau émergent, pas le fondement ultime. Le temps des physiciens serait un outil de calcul, utile et puissant, mais peut-être pas une propriété fondamentale de ce qui est.

Ainsi, pour vous, l’univers ne “se balade” pas dans le temps. Il se reconfigure constamment. Il n’y a jamais que le présent, mais un présent si fondamental qu’il échappe totalement à notre accès direct. Nous ne sommes pas dedans comme observateurs privilégiés ; nous sommes le résultat d’une immense succession de ces actualisations. Nous sommes une lente apparente cristallisation d’un processus plus profond.

Vous ne prétendez pas savoir ce qu’est ce niveau fondamental. Vous ne lui attribuez ni substance mystique ni intention. Vous dites simplement qu’il doit exister quelque chose, une activité, une structure ou une loi, qui rende possible cette continuité apparente du monde sans supposer que le temps, tel que nous le concevons, soit une entité réelle. Le “présent quantique” n’est donc pas une croyance, mais une hypothèse de travail, une manière de penser l’émergence du réel à partir d’un fond qui nous restera peut-être toujours inaccessible.

En résumé, vous remplacez l’idée d’un univers qui avance dans le temps par celle d’un univers qui s’actualise sans cesse — et dont le temps serait seulement la trace que laisse cette actualisation dans notre manière humaine, lente et structurée, de percevoir le monde. »

Fin — E. Berlherm

(L’obligation d’exister implique l’innocence d’exister en permanence, ce qui est vrai pour les loups comme pour les moutons.)


mercredi 8 avril 2026

Le coq, la poule et le poussin - Patriotisme, Matriotisme et Enfantriotisme

 

Le coq, la poule et le poussin

Patriotisme, Matriotisme et Enfantriotisme

(La vérité est un bien public, donc un service public.)

Définition du dictionnaire de l’Académie française : « PATRIOTISME — nom masculin -

Étymologie :

xviiie siècle. Dérivé de patriote. Amour de la patrie, désir ardent de servir son pays, qui porte à défendre son intégrité, ses institutions et les valeurs qui les fondent. Un acte de patriotisme. Un grand élan de patriotisme. Cet auteur s’est fait le chantre du patriotisme. Patriotisme de clocher, attachement, parfois exagéré, à ses origines et à ses traditions. Le chauvinisme est un patriotisme poussé à l’extrême. »

Comme on le voit, la définition est succincte : une ligne et des exemples, rien de plus.

1 — Patriotisme

Le patriotisme, c’est donc aimer la patrie.

Se battre pour la patrie sans savoir pourquoi, c’est se battre pour le poulailler dans lequel nous avons été pondus par hasard. Pourquoi défendre ce poulailler aléatoire plutôt qu’un autre ? Pourquoi défendre la culture qui nous a été inculquée plutôt qu’une autre ? Dit comme ça il parait clair que la notion de patrie est absurde. Pourquoi devrais-je défendre le poulailler dans lequel on m’a contraint d’exister, on m’a fabriqué, on m’a imprégné de ses habitudes de poules caquetantes, du coq maitre des lieux sonnant le réveil et les changements d’heures et l’enfermement pandémique. Parlez-moi plutôt de notre Matrie à tous, Alma Mater, la Terre, et plus gros encore le Soleil et son système, plus encore la Galaxie, et pourquoi pas l’Univers notre maison. L’univers est ma maison, mon poulailler, je vous interdis de la saloper ! Je vous interdis de l’encombrer de gallinacés belliqueux.

Le patriotisme est une préparation à la guerre contre le poulailler voisin ou d’au-delà des mers. Je vous recommande de réfléchir avant de vous déclarer patriote, car c’est un formatage idéologique, stupide comme toutes les idéologies que l’on a imprégnées dès la naissance dans votre cerveau.

Pour être patriote, il faut avoir un patrimoine, or je n’ai pas de patrimoine ni de matrimoine et je ne connais aucun « enfantriote ». Je veux bien être « culturtriote » puisque j’ai une culture — qui m’a été inculquée sous contrainte. Mais je n’y tiens pas, je suis pour la différence et l’intégration de toutes les soi-disant cultures.

2 — Matriotisme

Qui n’a pas entendu parler, de nos jours féministes, de « matriotisme » ?

On peut déduire de la définition de patriotisme que le matriotisme ce serait aimer sa matrie. Matrie semblant être uniquement un synonyme de patrie, puisqu’elle n’en diffère pas. Cela servirait donc à féminiser le mot et à rappeler que la patrie devrait être une mère. Ne dit-on pas étrangement la « mère patrie » ?

Dans un système patriarcal pourquoi les femmes devraient-elles être patriotes ? Ont-elles un matrimoine ? Si le système était égalitaire, elles pourraient éventuellement être matriotes. Mais même les patriarques ne possèdent pas, tous, un patrimoine, et la plupart l’on acquit par leur travail et non par un don de la société reconnaissante de leurs existences désirées par elle-même.

3 — Enfantriotisme

Il y a pourtant une chose que notre vocabulaire ne sait même pas nommer… et c’est l’idée d’enfantriotisme. « Enfantriotisme » est un terme que je n’ai jamais entendu, même de manière triviale. Le terme pourrait passer pour un barbarisme, mais il serait selon moi barbare de ne pas prendre en considération la définition que j’en donne. Je l’ai dérivée des deux précédents, car il manque à notre vocabulaire français. Il me semble qu’avant d’aimer sa patrie ou sa matrie, puisque nous avons été contraints d’exister par cette société qui a besoin d’enfants, celle-ci ne devrait-elle pas aimer les enfants qu’elle désire pour la perpétuer et surtout pour les faire bosser à son service ?

Calqué sur les mots patriotisme et matriotisme, « Enfantriotisme », est donc le fait qu’une société aime ses enfants avant la conception, pendant et après jusqu’à la fin qu’elle leur impose à tous — malgré risques mortels, souffrance, chantages multiples, et condamnation à mourir (à mon humble avis, il serait étonnant qu’on puisse aimer quelqu’un à qui l’on impose de telles conditions d’existence !)

Elle les chouchoute, leur donne et leur garantit une belle vie et le bienêtre, sans aucune condition en contrepartie, aucun chantage pas plus corporel que légal.

Certes l’enfant aura le droit de demander pourquoi on a pris tant de risque sur son dos pour l’avoir contraint à exister, mais puisque ce trait d’union infinitésimal qu’est la vie entre le néant et le néant va se passer sans encombre à quoi sert d’engueuler parents et complices sociaux puisque le mal est fait. D’ailleurs, bien imprégné, bien éduqué, bien intégré, vais-je seulement penser à me poser cette question de la contrainte initiale d’exister ?

Va-t-il y penser votre enfant, « là est la question », comme dirait une shakespearienne ?

Allons enfants de la Patrie, le jour n’est pas encore arrivé où patrie et matrie vous aimerons sans vous extorquer votre puissance de travail par chantage, pour leur bienêtre d’abord !

Fin — E. Berlherm

(L’obligation d’exister implique l’innocence d’exister en permanence, ce qui est vrai pour les Patriarques comme pour les Matriarques et leurs enfants.)