mercredi 28 octobre 2020

Einstein - Pourquoi le socialisme ?

Remarques :

Comme vous allez le voir dans le texte d'Einstein sur le socialisme, il ne va pas s'occuper de la contrainte d'existence donc de l'innocence d'exister. C'est un étrange oubli pour une personne qui recherchait le fondamental en science. Ce « grand » physicien a fait trois enfants dont deux étaient très gravement handicapés. Pourquoi promouvoir n'importe quelle idéologie quand on n'est pas capable de réfléchir au fondement de l'existence qui est une contrainte ? Comment ne pas remarquer que cette contrainte rend innocente chaque personne ? Comment ne pas passer de cette contrainte et cette innocence à un mode de vie moins rébarbatif pour les humains ? Pourquoi obliger un autre humain à vivre dans une société dont on reconnait qu'elle est mauvaise puisqu'on veut la changer ? Comment un scientifique, un penseur comme Einstein n'a-t-il pas compris l'inutilité de l'existence ?

« Pourquoi êtes-vous si sérieusement opposé à la disparition de la race humaine ? » dit un interlocuteur d'Einstein. Je réponds : personne ne peut s'y opposer puisqu'elle est inéluctable par simple évolution ou par la fin du système solaire ou celle de la galaxie ; rien n'est pérenne dans l'univers, et cela, Einstein devrait le savoir. On ne peut donc être que pour la continuité à court terme et pour la souffrance de milliards d'êtres qui inévitablement souffrent et meurent (pour rien) du simple fait d'exister. Et même la science ne sert à rien puisque la mémoire disparaitra avec l'humanité (et ses successeurs si elle en a).


Albert Einstein - Pourquoi le socialisme ? (1949)

Est-il convenable qu’un homme qui n’est pas versé dans les questions économiques et sociales exprime des opinions au sujet du socialisme ? Pour de multiples raisons je crois que oui.

Considérons d’abord la question au point de vue de la connaissance scientifique. Il pourrait paraître qu’il n’y ait pas de différences méthodologiques essentielles entre l’astronomie, par exemple, et l’économie : les savants dans les deux domaines essaient de découvrir les lois généralement acceptables d’un groupe déterminé de phénomènes, afin de rendre intelligibles, d’une manière aussi claire que possible, les relations réciproques existant entre eux. Mais en réalité de telles différences existent. La découverte de lois générales en économie est rendue difficile par la circonstance que les phénomènes économiques observés sont souvent influencés par beaucoup de facteurs qu’il est très difficile d’évaluer séparément. En outre, l’expérience accumulée depuis le commencement de la période de l’histoire humaine soi-disant civilisée a été — comme on le sait bien — largement influencée et délimitée par des causes qui n’ont nullement un caractère exclusivement économique. Par exemple, la plupart des grands États dans l’histoire doivent leur existence aux conquêtes. Les peuples conquérants se sont établis, légalement et économiquement, comme classe privilégiée du pays conquis. Ils se sont attribués le monopole de la terre et ont créé un corps de prêtres choisis dans leur propre rang. Les prêtres, qui contrôlèrent l’éducation, érigèrent la division de la société en classes en une institution permanente et créèrent un système de valeurs par lequel le peuple fut dès lors, en grande partie inconsciemment, guidé dans son comportement social.

Mais la tradition historique date pour ainsi dire d’hier ; nulle part nous n’avons dépassé ce que Thorstein Veblen appelait « la phase de rapine » du développement humain. Les faits économiques qu’on peut observer appartiennent à cette phase et les lois que nous pouvons en déduire ne sont pas applicables à d’autres phases. Puisque le but réel du socialisme est de dépasser la phase de rapine du développement humain et d’aller en avant, la science économique dans son état actuel peut projeter peu de lumière sur la société socialiste de l’avenir.

En second lieu, le socialisme est orienté vers un but éthico-social. Mais la science ne peut pas créer des buts, encore moins peut-elle les faire pénétrer dans les êtres humains ; la science peut tout au plus fournir les moyens par lesquels certains buts peuvent être atteints. Mais les buts mêmes sont conçus par des personnalités animées d’un idéal moral élevé et — si ces buts ne sont pas mort-nés, mais vivants et vigoureux — sont adoptés et portés en avant par ces innombrables êtres humains qui, à demi inconscients, déterminent la lente évolution de la société.

Pour ces raisons nous devrions prendre garde de ne pas surestimer la science et les méthodes scientifiques quand il s’agit de problèmes humains ; et nous ne devrions pas admettre que les spécialistes soient les seuls qui aient le droit de s’exprimer sur des questions qui touchent à l’organisation de la société.

D’innombrables voix ont affirmé, il n’y a pas longtemps, que la société humaine traverse une crise, que sa stabilité a été gravement troublée. Il est caractéristique d’une telle situation que des individus manifestent de l’indifférence ou, même, prennent une attitude hostile à l’égard du groupe, petit ou grand, auquel ils appartiennent. Pour illustrer mon opinion je veux évoquer ici une expérience personnelle. J’ai récemment discuté avec un homme intelligent et d’un bon naturel sur la menace d’une autre guerre, qui, à mon avis, mettrait sérieusement en danger l’existence de l’humanité, et je faisais remarquer que seule une organisation supranationale offrirait une protection contre ce danger. Là-dessus mon visiteur me dit tranquillement et froidement : « Pourquoi êtes-vous si sérieusement opposé à la disparition de la race humaine ? »

Je suis sûr que, il y a un siècle, personne n’aurait si légèrement fait une affirmation de ce genre. C’est l’affirmation d’un homme qui a vainement fait des efforts pour établir un équilibre dans son intérieur et qui a plus ou moins perdu l’espoir de réussir. C’est l’expression d’une solitude et d’un isolement pénibles dont tant de gens souffrent de nos jours. Quelle en est la cause ? Y a-t-il un moyen d’en sortir ?

Il est facile de soulever des questions pareilles, mais il est difficile d’y répondre avec tant soit peu de certitude. Je vais néanmoins essayer de le faire dans la mesure de mes forces, bien que je me rende parfaitement compte que nos sentiments et nos tendances sont souvent contradictoires et obscurs et qu’ils ne peuvent pas être exprimés dans des formules aisées et simples.

L’homme est en même temps un être solitaire et un être social. Comme être solitaire il s’efforce de protéger sa propre existence et celle des êtres qui lui sont le plus proches, de satisfaire ses désirs personnels et de développer ses facultés innées. Comme être social il cherche à gagner l’approbation et l’affection de ses semblables, de partager leurs plaisirs, de les consoler dans leurs tristesses et d’améliorer leurs conditions de vie. C’est seulement l’existence de ces tendances variées, souvent contradictoires, qui explique le caractère particulier d’un homme, et leur combinaison spécifique détermine dans quelle mesure un individu peut établir son équilibre intérieur et contribuer au bien-être de la société. Il est fort possible que la force relative de ces deux tendances soit, dans son fond, fixée par l’hérédité. Mais la personnalité qui finalement apparaît est largement formée par le milieu où elle se trouve par hasard pendant son développement, par la structure de la société dans laquelle elle grandit, par la tradition de cette société et son appréciation de certains genres de comportement. Le concept abstrait de « société » signifie pour l’individu humain la somme totale de ses relations, directes et indirectes, avec ses contemporains et les générations passées. Il est capable de penser, de sentir, de lutter et de travailler par lui-même, mais il dépend tellement de la société — dans son existence physique, intellectuelle et émotionnelle — qu’il est impossible de penser à lui ou de le comprendre en dehors du cadre de la société. C’est la « société » qui fournit à l’homme la nourriture, les vêtements, l’habitation, les instruments de travail, le langage, les formes de la pensée et la plus grande partie du contenu de la pensée ; sa vie est rendue possible par le labeur et les talents de millions d’individus du passé et du présent, qui se cachent sous ce petit mot de « société ».

Il est, par conséquent, évident que la dépendance de l’individu à la société est un fait naturel qui ne peut pas être supprimé — exactement comme dans le cas des fourmis et des abeilles. Cependant, tandis que tout le processus de la vie des fourmis et des abeilles est fixé, jusque dans ses infimes détails, par des instincts héréditaires rigides, le modèle social et les relations réciproques entre les êtres humains sont très variables et susceptibles de changement. La mémoire, la capacité de faire de nouvelles combinaisons, le don de communication orale ont rendu possibles des développements parmi les êtres humains qui ne sont pas dictés par des nécessités biologiques. De tels développements se manifestent dans les traditions, dans les institutions, dans les organisations, dans la littérature, dans la science, dans les réalisations de l’ingénieur et dans les œuvres d’art. Ceci explique comment il arrive que l’homme peut, dans un certain sens, influencer sa vie par sa propre conduite et comment, dans ce processus, la pensée et le désir conscients peuvent jouer un rôle.

L’homme possède à sa naissance, par hérédité, une constitution biologique que nous devons considérer comme fixe et immuable, y compris les impulsions naturelles qui caractérisent l’espèce humaine. De plus, pendant sa vie il acquiert une constitution culturelle qu’il reçoit de la société par la communication et par beaucoup d’autres moyens d’influence. C’est cette constitution culturelle qui, dans le cours du temps, est sujette au changement et qui détermine, à un très haut degré, les rapports entre l’individu et la société. L’anthropologie moderne nous a appris, par l’investigation des soi-disant cultures primitives, que le comportement social des êtres humains peut présenter de grandes différences, étant donné qu’il dépend des modèles de culture dominants et des types d’organisation qui prédominent dans la société. C’est là-dessus que doivent fonder leurs espérances tous ceux qui s’efforcent d’améliorer le sort de l’homme : les êtres humains ne sont pas, par suite de leur constitution biologique, condamnés à se détruire mutuellement ou à être à la merci d’un sort cruel qu’ils s’infligent eux-mêmes.

Si nous nous demandons comment la structure de la société et l’attitude culturelle de l’homme devraient être changées pour rendre la vie humaine aussi satisfaisante que possible, nous devons constamment tenir compte du fait qu’il y a certaines conditions que nous ne sommes pas capables de modifier. Comme nous l’avons déjà mentionné plus haut, la nature biologique de l’homme n’est point, pour tous les buts pratiques, sujette au changement. De plus, les développements technologiques et démographiques de ces derniers siècles ont créé des conditions qui doivent continuer. Chez des populations relativement denses, qui possèdent les biens indispensables à leur existence, une extrême division du travail et une organisation de production très centralisée sont absolument nécessaires. Le temps, qui, vu de loin, paraît si idyllique, a pour toujours disparu où des individus ou des groupes relativement petits pouvaient se suffire complètement à eux-mêmes. On n’exagère pas beaucoup en disant que l’humanité constitue à présent une communauté planétaire de production et de consommation.

Je suis maintenant arrivé au point où je peux indiquer brièvement ce qui constitue pour moi l’essence de la crise de notre temps. Il s’agit du rapport entre l’individu et la société. L’individu est devenu plus conscient que jamais de sa dépendance à la société. Mais il n’éprouve pas cette dépendance comme un bien positif, comme une attache organique, comme une force protectrice, mais plutôt comme une menace pour ses droits naturels, ou même pour son existence économique. En outre, sa position sociale est telle que les tendances égoïstes de son être sont constamment mises en avant, tandis que ses tendances sociales qui, par nature, sont plus faibles, se dégradent progressivement. Tous les êtres humains, quelle que soit leur position sociale, souffrent de ce processus de dégradation. Prisonniers sans le savoir de leur propre égoïsme, ils se sentent en état d’insécurité, isolés et privés de la naïve, simple et pure joie de vivre. L’homme ne peut trouver de sens à la vie, qui est brève et périlleuse, qu’en se dévouant à la société.

L’anarchie économique de la société capitaliste, telle qu’elle existe aujourd’hui, est, à mon avis, la source réelle du mal. Nous voyons devant nous une immense société de producteurs dont les membres cherchent sans cesse à se priver mutuellement du fruit de leur travail collectif — non pas par la force, mais, en somme, conformément aux règles légalement établies. Sous ce rapport, il est important de se rendre compte que les moyens de la production — c’est-à-dire toute la capacité productive nécessaire pour produire les biens de consommation ainsi que, par surcroît, les biens en capital — pourraient légalement être, et sont même pour la plus grande part, la propriété privée de certains individus.

Pour des raisons de simplicité je veux, dans la discussion qui va suivre, appeler « ouvriers » tous ceux qui n’ont point part à la possession des moyens de production, bien que cela ne corresponde pas tout à fait à l’emploi ordinaire du terme. Le possesseur des moyens de production est en état d’acheter la capacité de travail de l’ouvrier. En se servant des moyens de production, l’ouvrier produit de nouveaux biens qui deviennent la propriété du capitaliste. Le point essentiel dans ce processus est le rapport entre ce que l’ouvrier produit et ce qu’il reçoit comme salaire, les deux choses étant évaluées en termes de valeur réelle. Dans la mesure où le contrat de travail est « libre », ce que l’ouvrier reçoit est déterminé, non pas par la valeur réelle des biens qu’il produit, mais par le minimum de ses besoins et par le rapport entre le nombre d’ouvriers dont le capitaliste a besoin et le nombre d’ouvriers qui sont à la recherche d’un emploi. Il faut comprendre que même en théorie le salaire de l’ouvrier n’est pas déterminé par la valeur de son produit.

Le capital privé tend à se concentrer en peu de mains, en partie à cause de la compétition entre les capitalistes, en partie parce que le développement technologique et la division croissante du travail encouragent la formation de plus grandes unités de production aux dépens des plus petites. Le résultat de ces développements est une oligarchie de capitalistes dont la formidable puissance ne peut effectivement être refrénée, pas même par une société qui a une organisation politique démocratique. Ceci est vrai, puisque les membres du corps législatif sont choisis par des partis politiques largement financés ou autrement influencés par les capitalistes privés qui, pour tous les buts pratiques, séparent le corps électoral de la législature. La conséquence en est que, dans le fait, les représentants du peuple ne protègent pas suffisamment les intérêts des moins privilégiés. De plus, dans les conditions actuelles, les capitalistes contrôlent inévitablement, d’une manière directe ou indirecte, les principales sources d’information (presse, radio, éducation). Il est ainsi extrêmement difficile pour le citoyen, et dans la plupart des cas tout à fait impossible, d’arriver à des conclusions objectives et de faire un usage intelligent de ses droits politiques.

La situation dominante dans une économie basée sur la propriété privée du capital est ainsi caractérisée par deux principes importants : premièrement, les moyens de production (le capital) sont en possession privée et les possesseurs en disposent comme ils le jugent convenable ; secondement, le contrat de travail est libre. Bien entendu, une société capitaliste pure dans ce sens n’existe pas. Il convient de noter en particulier que les ouvriers, après de longues et âpres luttes politiques, ont réussi à obtenir pour certaines catégories d’entre eux une meilleure forme de « contrat de travail libre ». Mais, prise dans son ensemble, l’économie d’aujourd’hui ne diffère pas beaucoup du capitalisme « pur ».

La production est faite en vue du profit et non pour l’utilité. Il n’y a pas moyen de prévoir que tous ceux qui sont capables et désireux de travailler pourront toujours trouver un emploi ; une « armée » de chômeurs existe déjà. L’ouvrier est constamment dans la crainte de perdre son emploi. Et puisque les chômeurs et les ouvriers mal payés sont de faibles consommateurs, la production des biens de consommation est restreinte et a pour conséquence de grands inconvénients. Le progrès technologique a souvent pour résultat un accroissement du nombre des chômeurs plutôt qu’un allégement du travail pénible pour tous. L’aiguillon du profit en conjonction avec la compétition entre les capitalistes est responsable de l’instabilité dans l’accumulation et l’utilisation du capital, qui amène des dépressions économiques de plus en plus graves. La compétition illimitée conduit à un gaspillage considérable de travail et à la mutilation de la conscience sociale des individus dont j’ai fait mention plus haut.

Je considère cette mutilation des individus comme le pire mal du capitalisme. Tout notre système d’éducation souffre de ce mal. Une attitude de compétition exagérée est inculquée à l’étudiant, qui est dressé à idolâtrer le succès de l’acquisition comme une préparation à sa carrière future.

Je suis convaincu qu’il n’y a qu’un seul moyen d’éliminer ces maux graves, à savoir, l’établissement d’une économie socialiste, accompagnée d’un système d’éducation orienté vers des buts sociaux. Dans une telle économie, les moyens de production appartiendraient à la société elle-même et seraient utilisés d’une façon planifiée. Une économie planifiée, qui adapte la production aux besoins de la société, distribuerait le travail à faire entre tous ceux qui sont capables de travailler et garantirait les moyens d’existence à chaque homme, à chaque femme, à chaque enfant. L’éducation de l’individu devrait favoriser le développement de ses facultés innées et lui inculquer le sens de la responsabilité envers ses semblables, au lieu de la glorification du pouvoir et du succès, comme cela se fait dans la société actuelle.

Il est cependant nécessaire de rappeler qu’une économie planifiée n’est pas encore le socialisme. Une telle économie pourrait être accompagnée d’un complet asservissement de l’individu. La réalisation du socialisme exige la solution de quelques problèmes socio-politiques extrêmement difficiles : comment serait-il possible, en face d’une centralisation extrême du pouvoir politique et économique, d’empêcher la bureaucratie de devenir toute-puissante et présomptueuse ? Comment pourrait-on protéger les droits de l’individu et assurer un contrepoids démocratique au pouvoir de la bureaucratie ?

La clarté au sujet des buts et des problèmes du socialisme est de la plus grande importance à notre époque de transition. Puisque, dans les circonstances actuelles, la discussion libre et sans entrave de ces problèmes a été soumise à un puissant tabou, je considère que la fondation de cette revue est un important service rendu au public.

 Fin


Notion de responsabilité

Certaines inventions plombent l'humanité parce qu'elles nuisent à la science et la retardent. La seule invention de la responsabilité bloque la progression de la science. Et en bloquant la science, elle bloque la société qui n'avance pas dans la bonne direction ou fait du surplace. D'autres inventions sont directement associées à cette responsabilité, celles de non-déterminisme et celle de libre arbitre. Les scientifiques font de l'autocensure sur ces notions. La société en pâtit.
La censure comme l'autocensure sont de la dictature donc de l'esclavagisme, puisque l'autocensure conduit à interdire aux autres un savoir jugé dangereux ou inapproprié pour certaines personnes. Qui a le droit de juger qu'un savoir qu'il possède est inapproprié pour autrui ? La société ne peut profiter de leurs avancées qu'indirectement et par la périphérie.
Quand un scientifique démontre le déterminisme de l'univers, la pression populaire est telle que les politiciens, qui pourraient être convaincus et devraient l'être, ne peuvent utiliser cette vérité fondamentale. Il en va de même pour la responsabilité et le libre arbitre. Les politiciens préfèrent le statuquo de l'emprisonnement ou l'exécution des personnes culpabilisées à la solution éducative.
Pourtant il suffit de dire que le doute profite à l'accusé. Doute sur la réalité du déterminisme, de la responsabilité, et du libre arbitre puisque jamais aucune démonstration officielle n'a été reconnue. Or pour un avocat il suffit qu'il utilise ce doute sur l'existence de la responsabilité, du libre arbitre et du déterminisme pour innocenter son client. Qu'est-ce que ça lui en coute de ne pas utiliser ce doute ? Pourquoi fait-il de l'autocensure ? La loi ou la pression judiciaire rend-elle muette une personne que l'on surnomme un « bavard » ? 
Le chien, le chat, le crocodile, l'éléphant, et même le dauphin, ne sont pas responsables, ne sont pas censés avoir un libre arbitre. Ils sont pourtant aussi libres que leurs potentiels physiques et la Nature les autorisent. Ils agissent conformément à la Nature et leur nature. 
Quand un bébé casse une assiette, les parents ne lui collent pas l'étiquette « responsable » sur le front ; ils tentent de lui apprendre les bons gestes et le contrôle de soi progressivement. Alors si l'enfant n'est pas immédiatement responsable dès sa naissance, quand donc gagne-t-il cette responsabilité, si c'est un gain ? Comment celle-ci lui est-elle attribuée par ses parents et la société, et comment ça marche ? 
Comment la science fait-elle une démonstration rigoureuse, précise, logique, mathématique, algorithmique, de l'acquisition de la responsabilité ? Comment les réseaux neuronaux s'agencent-ils pour fabriquer de la responsabilité et du libre arbitre alors qu'il n'y en avait pas au départ ? S'il n'y en avait pas au départ et qu'il existe un moyen d'installer cette responsabilité dans la tête d'un enfant, comment les humains s'y prennent-ils ? Est-ce que la responsabilité s'apprend comme la table de multiplication ? S'apprend-elle comme le langage ? Y a-t-il des règles d'acquisition ? Est-ce que c'est aussi simple ? Personnellement je n'ai jamais désiré apprendre la table de multiplication, mais on me l'a imposé. Dois-je apprendre la responsabilité et le libre arbitre de la même façon ? Contraint et forcé ? Suis-je responsable de ce que l'on me contraint de faire ? 
Pourquoi me contraindre à exister dans votre monde sordide, de règles sordides ? Vos lois ne disent-elles pas que ce qui est contraint n'est pas punissable ? La vie étant contrainte, tout ce qui s'ensuit n'est pas punissable. D'ailleurs, pourquoi fabriquer une existence qui n'a d'autre utilité que satisfaire l'impulsivité procréative ? (voir l'article « Pérenniser l'espèce humaine »)
Êtes-vous certains, vous les adultes sociaux, de savoir comment installer quelque chose que vous ne savez pas décrire dans la tête d'un enfant ? Est-ce faisable ? Peut-on acquérir responsabilité et libre arbitre ? Pourquoi devrais-je acquérir ces « fonctions » mentales, ces potentiels pour faire plaisir à la société et me faire punir quand je n'agis pas selon les règles sociales, alors que je n'ai signé aucun engagement social ? J'ai été contraint d'exister. Je suis donc innocent d'exister. Et vous voulez me coller sur le dos vos erreurs et vos fautes de croyants ?
Il est criminel d'enfermer des personnes qui n'ont pas demandé à exister et que vous accusez d'être responsables de méfaits, alors qu'elles ne sont pas responsables, tout simplement sans responsabilité aucune puisque l'univers est aresponsable d'exister ainsi que tout ce qu'il induit (donc la vie et nous-mêmes). C'est un crime de les enfermer. Elles sont innocentes d'exister et de tous leurs actes. La peine de mort est un acte social criminel. La peine de privation de liberté est également un acte criminel de la société, un acte de torture. L'abolition de la peine de mort doit être suivie de l'abolition de la punition, car c'est le principe de la peine qui est non seulement stupide, mais absurde. S'il est interdit de gifler son propre enfant, on comprend pourquoi puisque cela conduit l'enfant à en faire autant par mimétisme (et qui gifle un œuf gifle un bœuf), il doit être interdit de punir son propre associé (qui n'a signé aucun contrat social), car il en fera autant.
Vous n'avez aucune responsabilité. Savoir que vous n'êtes responsable de rien modifiera rétroactivement votre comportement et le comportement social. C'est ainsi que nous apprenons et que nous évitons les erreurs. Quand l'erreur est grossière, elle peut être calamiteuse. Cette erreur que nous commettons socialement sur la responsabilité et le libre arbitre est énorme. L'éducation individuelle est absolument mauvaise. Le comportement résultant de la société, des sociétés humaines en sont la démonstration. Notre histoire en est la preuve. Notre surpopulation en est la preuve. Nos pollutions en sont la preuve. La vérité ne dérange rien, elle arrange.
Voir l'article « responsable ou aresponsable » et celui sur la « vérité » (et les autres), les liens vers ces deux articles sont dans la présentation.
Fin – E. Berlherm

mercredi 21 octobre 2020

La caricature vaincra

Définition selon le dictionnaire de l'Académie française : 

« CARICATURE nom féminin. XVIIIe siècle. Emprunté de l’italien caricatura, proprement « action de charger, charge ».

1. Image satirique dans laquelle on représente d’une manière humoristique, bouffonne, grotesque, des personnages qu’on veut tourner en dérision.

2.  Image, représentation déformée, outrée, mensongère de la réalité. »

Les caricatures pourraient être éventuellement du blasphème si l'objet de ce blasphème n'était pas issu des élucubrations humaines. Qui a décrété que Mahomet était un prophète, c'est-à-dire l'envoyé d'un dieu (comme l'affirment les musulmans), ou Jésus le fils d'un dieu, ainsi disent les chrétiens ? Ce dieu qui lui-même est une élucubration humaine. Ce n'est pas ce dieu issu de la mentalité hallucinée de milliards d'humains qui a désigné Mahomet comme prophète puisque c'est Mahomet qui est censé parler pour émettre les paroles d'un dieu toujours muet. Ce dieu qui aurait créé l'univers (ça a dû faire du bruit à l'époque) a sans doute perdu ses cordes vocales. Il n'y a que des humains pour dire des mots qu'un dieu n'aurait jamais osés prononcés tant elles sont stupides. Nous rationalistes, nous le savons bien, et devons lutter par tous les moyens contre les billevesées gravées dans la tête vierge des petits humains, qui ensuite mal renseignés sur la réalité du monde font d'énormes conneries.

Si je fais un doigt d'honneur à un policier, je risque fort d'avoir quelques ennuis, car le policier est réel, bien vivant. Ceux qui blasphèment ne peuvent être que des croyants, puisqu'on ne peut blasphémer que contre un être existant. Or je ne suis pas croyant. Pour moi les dieux sont des ennemis imaginaires (voir ma démonstration sur l'impossibilité des dieux). Quant aux dessinateurs de caricatures (Charlie et sa nombreuse hilarante compagnie), il faut leur demander s'ils le sont (dans la religion caricaturée) pour déterminer s'ils sont effectivement des blasphémateurs.

Donc qui a désigné Mahomet comme prophète si ce n'est pas un dieu muet ? Eh bien, ça ne peut être que des personnes qui sont soit elle-même des supérieurs de Mahomet, donc au moins des prophètes eux-mêmes (ce qui est absurde on vient de le voir avec Mahomet), soit des humains tout à fait normaux donc tout à fait inaptes à adouber Mahomet comme prophète. Donc, CQFD, Mahomet (comme Jésus) n'est le prophète de rien du tout. Et vous pouvez sans regret et sans remords caricaturer tous ces êtres imaginaires comme vous le feriez du père Noël.

Mahomet étant mort depuis belle lurette et des poussières, il n'a aucun ordre par l'intermédiaire du Coran, à donner à des vivants (Lire Thomas Paine « Rights of man » à ce sujet ou ma traduction sur YouTube →  « La vanité et le principe de gouverner au-delà de la tombe sont la plus ridicule et la plus insolente de toutes les tyrannies. »). Les religions et les lois humaines ont toujours pour but de gérer les humains présents et à venir, comme s'ils avaient un droit sur le futur. Nous sommes gouvernés par des momies.

Le père Noël Mahomet ou le père Noël Jésus (c'est le même qui a voyagé dans le temps) n'a que deux cadeaux à offrir aux êtres humains qui n'ont pas demandé à exister (et sont donc innocents d'exister et de leurs actes), ce sont soit le paradis, soit l'enfer. C'est chouette la religion ! Et si vous ne me mettiez pas au monde, petite tête humaine ! je ne risquerais ni l'un ni l'autre. Comment pouvez-vous avoir oublié que nous avons tous été contraints d'exister ? Ce qui change la donne n'est-ce pas ?

Et que si nous rencontrions un tel idiot qui nous menace après nous avoir fabriqué encore plus stupide que lui, nous aurions le droit de l'envoyer lui-même dans son propre enfer et pire si possible. C'est d'ailleurs ce que vous pourriez faire à vos esclavagistes de parents, car ce sont bien eux qui vous ont installés dans la galère terrestre et vous menacent de l'enfer sans vous le dire, sans parler des lois sociales qui vous font chanter dès la naissance (bel accueil !).

Article à ajouter aux Droits de l'homme, de préférence, ou à la Constitution : « Nul ne peut faire prévaloir ses idées, son idéologie, ou ses croyances, pour déroger aux règles communes basées sur la réalité dont la définition est rédigée par la science. Les règles communes supplantent toute autre règle individuelle ou de groupe. »

Et je reprends deux paragraphes d'un article précédent intitulé «Pourquoi ai-je le droit de vanner à outrance la religion» :

La première est la défense des esprits innocents, des enfants qu’on a contraints d’entrer dans la vie et à qui l’on va enfoncer dans le crâne des absurdités. La religion, le créationnisme, les dieux, les prophètes, sont des absurdités religieuses qui ne doivent pas être inculquées à des enfants dont le cerveau est vierge de signification culturelle, et qui n’ont aucun moyen de juger de la pertinence de ce qu’on leur enseigne. 

La religion doit être un truc d’adultes uniquement et encore je ne le recommande pas, mais pas du tout. L’enfant ne peut pas choisir d’exister, ne peut pas choisir ses parents, ne peut pas choisir sa culture, et chaque parent peut farcir le cerveau de ses enfants de n’importe quoi comme si c’était un droit, mais ça n’en est pas un, car tout enfant mis au monde est notre associé, un associé humain dès sa naissance. Il n’est pas normal qu’on puisse lui gaver le cerveau de conneries, l’endoctriner.

La deuxième raison suit la première : j’ai été un de ces enfants dont les parents ont farci le cerveau de conneries, et comme ces conneries sont dans mon cerveau, dans ma mémoire, dans mon système nerveux, dans ma culture mentale, elles m’appartiennent, et j’ai donc parfaitement le droit de dire que ce sont des saloperies, et j’ai le droit de les traiter avec toute l’ironie que je veux, que je peux, c’est mon droit absolu puisque je ne peux gommer mon système nerveux. Et puis, c’est mon devoir et mon droit par l’article 19 des Droits de l’Homme, et par nécessité de justice et d’équité, de dire à mes associés humains sur cette planète qu’on leur raconte des conneries. J’ai le droit de le faire par tous les moyens à ma disposition, et bien sûr avec toute mon ironie. 

Je rappelle que la Bible, le Coran, sont des magazines comme les autres, comme Charlie hebdo, et que les absurdités qu’ils propagent doivent être contrôlées, quand il s’agit d’apologie de la violence, du sexisme, du racisme, etc. La Bible et le Coran, pour leurs auteurs et leurs défenseurs, se vantent d’être des livres sacrés, et même des livres d’Histoire, ce qu’ils ne sont pas. N’importe qui peut prétendre que Charlie hebdo ou n’importe quel autre écrit est un livre sacré. La prétention n’est pas la réalité.

Les quelques islamistes sont potentiellement les ennemis de plusieurs milliards d'humains. Ces « don Quichotte » pourraient être très marrants si leurs moulins à vent n'étaient pas de vraies personnes sensibles, conscientes, intelligentes et ayant des familles.

Ma contribution à la caricature arrive... 

Pour chaque meurtre islamiste, un milliard de (pseudo-)caricatures, ils ne peuvent pas être gagnant au change, Momo et Jéshulk vont se fatiguer, poursuivez :


L'école des ânes


Fin – E. Berlherm



samedi 17 octobre 2020

Pérenniser l'espèce humaine

Vouloir pérenniser le non pérenne n'a aucun sens. Or, rien n'est pérenne, car tout se transforme dans l'univers. Il ne sert donc à rien de vouloir pérenniser l'espèce humaine à court ou moyen terme puisque le but de la pérennisation est une sorte d'immortalité. Nous faisons progresser nos connaissances sur nous-mêmes et l'univers pour les transmettre, mais à qui? Or, au final, nos progrès et nos savoirs disparaitront avec nous.

L'univers visible n'est pas pérenne, la galaxie n'est pas pérenne, le système solaire n'est pas pérenne. La planète Terre n'est pas pérenne. La Vie n'est pas pérenne. Les espèces ne sont pas pérennes. L'humanité n'est pas pérenne. Les sociétés ne sont pas pérennes. Les nations ne sont pas pérennes. Les cultures ne sont pas pérennes. La vie d'une seule personne n'est pas pérenne. Un assemblage de choses non pérennes est évidemment non pérenne. Pourquoi vouloir pérenniser quelque chose qui ne l'est pas ? Pourquoi se battre pour pérenniser quelque chose qui ne l'est pas ? Et pourquoi vouloir faire cette stupidité, ce non-sens, dans la violence et la souffrance ? 

Pourquoi faire des enfants si le but est de pérenniser quelque chose qui ne l'est pas, ne peut pas l'être, ne le pourra jamais ?

Une personne qui a été mise au monde, à laquelle on a imposé l'existence sans lui demander son avis, doit subir cette existence en commençant par le commencement c'est-à-dire l'enfance pendant laquelle ses éducateurs tentent d'installer dans son intellect tout le nécessaire pour être un citoyen modèle sans y parvenir toujours. Le meilleur moyen pour réussir étant de jouer sur la crainte de l'autorité entremêlée avec l'amour parental, également jouer sur la peur de souffrir, sur la frayeur de la mort, ainsi que sur le mérite et la récompense, et surtout l'empêcher de se poser certaines questions sur les raisons de son existence (éviter les questions qui fâchent). Une éducation subtile pousse l'enfant, puis la personne, à la recherche de la normalité. Un juste milieu et c'est quasiment gagné. Qui veut souffrir pendant sa courte existence ?

Donc, l'individu mis devant le fait accompli d'exister se dit, quand il a compris l'absurdité de la chose, qu'il n'a plus qu'à poursuivre jusqu'au bout, et avec un peu de curiosité sur l'aboutissement d'une vie, il va laisser aller la machine. Quand ça n'est pas trop dur, il n'y a qu'à se laisser vivre.

Une espèce n'est pas une entité mémorielle, ni consciente, ni sensible. Une espèce ne souffre pas. Une espèce se développe, croît, et disparait sans souffrance. Ce n'est pas une mort, c'est une disparition, une dilution dans le néant. Les particules (humaines) disparaissent petit à petit et puis ne se renouvèlent plus. Qu'elle disparaisse plus ou moins rapidement ne change rien. La souffrance de l'espèce est nulle, au contraire de celle des individus.

Il ne sert à rien de multiplier les individus d'une espèce non pérenne pour leur faire ressentir souffrance et mort. Ce ne sera jamais une expérience profitable à un éventuel successeur. La souffrance de l'homme préhistorique ou de Neandertal ne me fait actuellement ni chaud ni froid. Je ne ressens rien de leurs douleurs. Cromagnon a subi pour nous les affres de l'existence. Il avait une culture très écologique, l'a transmise, et pfuitt ! disparue avec lui. Et si on la pérennisait, qu'en pensez-vous ? (je blague)

Toute personne à qui l'on impose d'exister devrait au moins pouvoir vivre avec un corps sain et un intellect sain, sur une planète saine et non belliqueuse, et d'y mener gratuitement une vie longue et intéressante. Il est plus important de faire cesser le malheur et surtout de ne pas en rajouter, que de ménager les personnes. L’obligation d’exister implique le fait de ne pas être responsable d’exister ni d’aucune de nos actions au cours de l’existence.

Nous sommes innocents d'exister, toujours, et toujours innocents de nos actes.

Fin – E. Berlherm

jeudi 15 octobre 2020

La peine de mort est stupide

Voici les arguments proposés un peu partout sur le web contre la peine de mort (ils sont parfaitement valables, mais l'argument le plus rationnel, le plus logique et le plus fondamental n'est jamais utilisé. Je vous en parle plus loin.) :

« La peine de mort est injuste, inhumaine, inutile, et arbitraire. La peine de mort ne lutte ni contre la criminalité ni contre le terrorisme (je rajoute ni contre les guerres). La peine de mort ne vaut pas mieux que l'enfermement à vie, l'annonce de la peine de mort est toujours une torture. Les gens favorables à la peine de mort sont ignorants des arguments qui s'y opposent et évidemment celui que je propose, que les gouvernements ne connaissent pas non plus. Aucune autorité ne saurait décider de la mort d’un être humain. La peine de mort est irréversible, or les humains sont toujours faillibles. Le criminel éliminé ne peut s'amender, ne peut être rééduqué, la société perd ainsi un moyen de savoir si l'on peut guérir un criminel et de trouver la méthode. Ce sont presque toujours des personnes défavorisées qui sont condamnées. Si tuer est un crime alors le gouvernement est criminel en tuant un criminel. La peine de mort n'est pas dissuasive... » 

La peine de mort est simplement et irrémédiablement stupide pour la raison suivante :

L'humanité se fabrique elle-même, et n'étant pas toujours satisfaite de ce qu'elle fait (les individus qu'elle fabrique sans leur accord), elle les accuse de certaines de leurs conduites qu'elle n'admet pas dans ses règlements. Elle punit les individus qui transgressent ses lois alors que c'est elle qui a fabriqué ses personnes en toute connaissance de cause (et d'effet). Cela fait des millénaires que l'humanité lance la fabrication des personnes dont elle loupe et la fabrication et l'éducation et ne parait pas s'en émouvoir autrement en se remettant en cause.

Le mot « stupide » est parfaitement valide, puisque c'est l'humanité qui fabrique imparfaitement les individus qui la constituent ainsi qu'elle fait leur éducation imparfaite, puis les installe au milieu d'elle-même, une société humaine totalement imparfaite (nous le savons tous). 

On ne peut évidemment « punir » ce que l'on construit en totalité soi-même imparfaitement. Ne vaut-il pas mieux revoir ce qui ne fonctionne pas dans la fabrication et l'éducation ? Ne vaut-il pas mieux faire en sorte que la société, qui accueille, soit véritablement accueillante. Je ne demande pas le paradis, mais on pourrait faire beaucoup mieux pour accueillir les nouveaux arrivants n'est-ce pas ? Déjà qu'on les force à participer sans leur accord et qu'on les roule dans la farine en prétendant qu'ils sont responsables ! Il faut vraiment berner les gens à un point grandiose pour qu'ils oublient qu'on les avait contraints à exister...

Chaque individu est en fait « innocent d'exister », mais l'humanité n'en a pas encore compris la notion. Nous sommes tous innocents de nos crimes, mais nous punissons ceux que nous jugeons plus criminels que nous. C'est simplement une mise en scène morbide qui fait de l'humanité l'espèce la plus cruelle et stupide parmi toutes les espèces qui existent et ont existé. Mais elle n'est pas responsable de cette stupidité. Le changement viendra peut-être lorsqu'elle comprendra le sens de sa propre stupidité : construire imparfaitement et punir la chose que l'on a soi-même construit imparfaitement comme un besoin de démonstration de pouvoir, ce qui est un principe animal.)

Pour simplifier : l'humanité fabrique des êtres, d'un coup de baguette magique elle prétend leur accorder le libre arbitre, et de ce fait ils deviennent responsables de leur existence et de leur conduite. Même si la baguette magique avait fonctionné sur l'animal humain pour en faire un être exceptionnel, cela ne changerait rien au fait qu'il n'a pas demandé à exister et qu'il est donc innocent d'exister, donc de ses actes. Celui qui fabrique doit savoir fabriquer. Celui qui éduque doit savoir éduquer. La société qui accueille doit savoir accueillir et bien accueillir de préférence, surtout un invité forcé.

Toute personne à qui l'on impose d'exister devrait au moins pouvoir vivre avec un corps sain et un intellect sain, sur une planète saine et non belliqueuse, et d'y mener gratuitement une vie longue et intéressante. Il est plus important de faire cesser le malheur et surtout de ne pas en rajouter, que de ménager les personnes. L’obligation d’exister implique le fait de ne pas être responsable d’exister ni d’aucune de nos actions au cours de l’existence.

Nous sommes innocents d'exister, toujours, et toujours innocents de nos actes.


Fin – E. Berlherm


mardi 13 octobre 2020

Pro-Vie

Tout d'abord, il faut bien comprendre que la procréation et la vie ne sont pas éthiques (voir ma vidéo : « La procréation est la mère de tous les crimes », et le livre de David Benatar). La procréation est de l'esclavage ainsi que la mise en danger de la vie fabriquée pour le service des existants. Tandis que la vie elle-même est une vie de souffrance et de condamnation à mort. La vie est un toboggan fatal ou un couloir de la mort plus ou moins long. La vie est une torture mentale. La vie est une jungle humaine. La vie est du chantage permanent. Pour les croyants, la vie c'est la menace de l'enfer, et quant à la création d'Adam et Ève elle est le pire des actes immoraux d'un être que les croyants prétendent parfaits.

Personne n'a jamais désiré exister avant d'exister. Et personne n'ayant été construit imparfait sans l'avoir demandé ne peut se voir reprocher des actes quelconques dus à une existence qu'il n'a pas demandé dans un milieu aberrant qu'il n'a pas demandé. Aucun être parfait ayant fabriqué un être mortel imparfait alors que lui-même ne l'est pas ne reprocherait un meurtre à sa propre création. En créant l'être humain, ce dieu crée le crime, le vice, la bêtise, l'imperfection. Il n'a qu'à se reprocher à lui-même ses propres actes stupides, sa propre incompétence ou son sadisme.

Que signifie pro-vie ? Est-ce que cela signifie que l'on doit fabriquer de la vie sans conscience et sans éthique, juste dans le but de voir la vie grouiller sur la ou les planètes ? Ou bien est-ce que cela signifie que lorsque l'on contraint quelqu'un à exister, on doit faire en sorte que la vie de la personne va être saine, belle, longue et passionnante ? Pour simplifier quand on est pro-vie est-ce que l'on est favorable à la belle vie ou bien est-ce qu'on se fout de la vie de l'être que l'on fabrique, quelle qu'elle soit ? Pour être encore plus simple, est-ce qu'on est pour une vie de merde pour soi-même puisqu'on l'est pour la personne que l'on fabrique ?

Si pro-vie signifie antiavortement, pourquoi imposer l'existence à quelqu'un qui n'est pas désiré, à quelqu'un qui souffrira, et surtout à quelqu'un qui n'est pas encore quelqu'un, n'étant pas entièrement fabriqué et n'ayant ni sensibilité ni conscience et n'étant qu'un organe de la mère (puisqu'il ne peut y avoir deux personnes humaines en une) ? L'avortement n'est pas de l'euthanasie, ça se saurait. On ne pratique pas l'euthanasie d'une partie du corps d'une femme. (Je suis contre la peine de mort. Voir ma vidéo intitulée : « Argument fondamental contre la peine de mort ».)

Comment peut-on imposer à une femme de devoir se comporter de telle ou telle manière ? Car lui imposer de terminer sa grossesse, c'est lui imposer d'avoir un comportement relatif à son état physique et de prendre les précautions pour mener sa grossesse à terme : manger de telle manière, ne plus courir, ne plus danser, ne plus boire d'alcool, ne plus jouir de la vie comme elle le désire, etc. Revenons donc au Moyen-âge, ce sera plus franc ! Imposer sa conduite à une femme c'est être un dictateur esclavagiste. Et l'empêcher d'avorter légalement après quelques semaines c'est également de l'esclavage... Il n'y a pas d'enfant tant qu'il n'est pas né, tant qu'il n'est pas sorti du ventre d'une femme.

Pro-vie et pro-mort : être pour l'avortement n'est pas être pro-mort, puisqu’avorter n'est pas de l'euthanasie. Encore une fois, cela se saurait. Aucune culture n'a jamais assimilé l'avortement à de l'euthanasie et n'a condamné une femme de meurtre pour cette raison. L'avortement n'est pas une mise à mort, ce n'est qu'une opération chirurgicale chimique ou mécanique sur un organe normal de la femme. L'embryon et le fœtus sont avant tout un cancer qui, quand il n'est pas expulsé, tue la femme. L'expulser plus tôt que naturellement n'est qu'un progrès de la science.

L'avortement est un acte humain et n'est donc pas inhumain au contraire de ce que proclame le pape François, car les animaux, eux, n'avortent pas. Les lions tuent les lionceaux, mais n'ont jamais commis de génocides, ni pratiqué l'Inquisition.

Avorter selon la croyance chrétienne, c'est envoyer une âme innocente au paradis. Où est le mal ? À vrai dire, plus une femme avorte plus elle envoi d'âmes innocentes au paradis. Alors, mesdames, avortez autant que vous pouvez. Si le dieu des chrétiens veut des âmes innocentes en tombereaux, alors faites-lui-en. N'hésitez pas. L'autre avantage généreux de ces avortements est que les enfants qui ne seront ainsi pas mis au monde ne commettront jamais aucun péché. Ils ne risqueront jamais l'enfer. En avortant madame, vous faites comme Jésus, vous prenez sur vous les futurs éventuels péchés de vos nombreux enfants avortés, ainsi que les nombreuses et inutiles souffrances de la vie. Vous êtes une Sainte.

Si une femme ne peut avorter un embryon ou un fœtus qui est une partie de son corps, si une femme n'est pas maitresse de son corps en toutes circonstances,  alors il faut revoir les Droits humains, car madame n'est pas humaine. Probablement est-elle juste un objet, un robot, une IA à la disposition de l'être humain, le seul, l'unique, le mâle viril, le programmateur de femmes ?

Toute personne à qui l'on impose d'exister devrait au moins pouvoir vivre avec un corps sain et un intellect sain, sur une planète saine et non belliqueuse, et d'y mener gratuitement une vie longue et intéressante, sinon il est inutile de la balancer dans ce monde absurde rempli d'indigents cérébraux. Il est plus important de faire cesser le malheur et surtout de ne pas en rajouter, que de ménager les personnes. L’obligation d’exister implique le fait de ne pas être responsable d’exister ni d’aucune de nos actions au cours de l’existence.

Nous sommes innocents d'exister, toujours, et toujours innocents de nos actes.

Fin – E. Berlherm

Moins qu'une femme

Je ne suis ni féministe ni masculiniste et encore moins machiste. J'ai mis un certain temps à devenir rationaliste à peu près, et je ne remercie pas la société qui ne m'a pas éduqué à l'être dès ma naissance. Par contre, je suis « personniste ». C'est-à-dire que nous sommes tous des « personnes », et à moins de vouloir jouer du sexe ou vouloir être amoureux de l'un ou l'autre sexe, nous ne devrions pas nous considérer comme des femelles ou des mâles ou autres ambigüités humaines plus ou moins naturelles « quand nous nous rencontrons ».

Si vous qui êtes un homme, un vrai mâle, vous êtes moins grand que certaines femmes, moins fort que certaines femmes, moins rapide que certaines femmes, moins habile que certaines femmes, moins coordonné que certaines femmes, moins intelligent que certaines femmes, et autres qualités humaines ou animales, alors pourquoi dites-vous que les femmes sont moins ceci ou cela que les hommes ? Ce sont ceux qui sont plus ceci ou cela que certaines femmes qui ont le droit de le dire, et certainement pas vous.

Mais y a-t-il un seul homme qui n'ait pas au-dessus de lui dans un domaine ou un autre une femme qui soit plus ceci ou cela que lui ? 

Y a-t-il un seul homme, un seul mâle qui ne va pas perdre son titre de mâle viril à la fin de sa vie, alors que sa propre mère l'a certainement bien remis à sa place d'enfant inférieur, de petite personne, quand il n'était encore qu'un mâle en devenir et mâle très peu de temps au cours de sa très courte vie ?

Pourquoi vous vantez-vous d'être un mâle (ou femelle d'ailleurs) alors que vous n'y êtes pour rien ? Même les championnes et champions du monde ne le restent pas longtemps, et ceux-là sont souvent bien plus modestes que les multitudes d'autres. Si vous donnez au hasard naturel de la naissance sexuée plus d'importance que cela n'en a, c'est que la nature vous a très mal doté intellectuellement et que vos éducateurs n'ont pas su corriger cette défectuosité animale.

Toute personne à qui l'on impose d'exister (femelle ou mâle ou autre) devrait au moins pouvoir vivre avec un corps sain et un intellect sain, sur une planète saine et non belliqueuse, et d'y mener gratuitement une vie longue et intéressante (de mâle ou de femelle ou autre). Il est plus important de faire cesser le malheur et surtout de ne pas en rajouter, que de ménager les personnes (l'autocensure étant une forme de dictature). L’obligation d’exister implique le fait de ne pas être responsable d’exister ni d’aucune de nos actions au cours de l’existence. 

Nous sommes innocents d'exister, toujours, et toujours innocents de nos actes.

Fin – E. Berlherm