mercredi 13 mai 2020

Le suicide


En lisant quelques-uns de mes commentaires sur internet, certaines personnes m'ont fait la louable injonction ou recommandation de me suicider. Voilà ce que je leur réponds :

Vous me proposez cette aimable solution à mes malheurs qui ne sont d'ailleurs pas très grands comparés à des foultitudes d'autres indigents de par la planète. Mais comme on dit, comparaison n'est pas raison. Sans doute est-ce parce que votre empathie envers l'humain que je suis a quelque lacune. Cela ne sert aucunement à me rassurer sur la qualité des personnes qui comblent ce monde de leur pauvreté intellectuelle. Et j'aurais presque envie de franchir la balustrade à vous entendre. Vous pourriez être la goutte d'eau qui fait déborder le tonneau des Danaïdes.

Aux autres poussés vertigineusement sur le toboggan fatal et désirant en raccourcir la course folle : si vous avez envie de vous suicider, c’est sans doute parce que vous n’appréciez pas la vie qu’on vous a proposée, du moins vous n’envisagez pas une suite paradisiaque à cette figure imposée. Dans ce cas, je vous suggère de porter plainte contre vos parents, s’ils sont toujours dans les parages, et contre la société complice de votre présence indicible sur leur planète puisqu’elle a autorisé votre fabrication non désirée par vous-mêmes, en dépit de l'interdiction légale de la mise en danger de la vie d'autrui et de l'esclavage. Et ensuite, passez à l’acte, c’est tout à fait votre droit, faites ça avec tambour et trompette, convoquez la fanfare. Laissez une missive expliquant pourquoi il n’est pas dans leur intérêt, si la réincarnation ou la ressuscitation existe, de vous remettre dans ce monde abject. Une planète prévenue en vaut deux, parait-il ! Mais avant de réaliser ce geste définitif, lisez donc la suite, cela pourrait également vous plaire.

Quant à moi, si je me suicidais, je ne pourrais pas m'empêcher d'avoir vécu les années qui ont précédé, durant lesquelles j'ai été le jouet de mes parents et de la société. Je ne pourrais donc pas effacer ce crime infini commis contre moi, je ne ferais que m'effacer moi-même et effacer ce que j'ai enduré. L'infime choc que mon suicide vous causerait n'est pas un acte suffisamment démonstratif selon moi. Je ne pourrais respecter votre loi du Talion, et ce serait dommage. J'ai tout de même était condamné, en existant, à souffrir et à mourir, et cela sans raison par ceux qui m'ont puni, et pour rien en ce qui concerne l'existence.

En ce moment même, des centaines de millions d'enfants, des milliards de personnes vivent dans des conditions absolument inacceptables (une centaine de milliards a vécu pour rien, la plupart de façon abominable), il faut donc impérativement dire aux gens l'inutilité de l'existence. (Lisez mes textes ils sont fait pour ça. Ils vous expliquent tout, presque clairement, je fais de mon mieux avec le pauvre cerveau qu'ils ont fabriqué).

Je considère que mon suicide serait un crime envers l'humanité puisque je cesserais de pouvoir prévenir les gens du danger absolu de l'existence alors qu'elle est totalement inutile. Faites comme moi, aidez-moi. Transmettez. Amusez-vous. Et surtout, nul n'est tenu d'obéir aux ordres de la Nature et de sa propre nature.

Tout le monde doit savoir que la Vie n’a aucun sens. L'existence est absurde. Les mots que l’on dit ou les actes que l’on produit contre l’absurdité de la vie ne peuvent être absurdes. Ce texte sur le suicide n’est pas absurde. Le suicide lui-même en tant qu’acte n’est pas absurde, il est une solution violente (et si vous savez y faire, sans douleur) pour exprimer l’absurdité que les personnes ressentent à exister aux services des idéaux ou des instincts primaires de leurs géniteurs et associés.

Quand on veut dire « non merci » au « pseudo cadeau » de la vie qu’on nous a fait en nous mettant simplement devant le fait accompli de l’existence, quel autre moyen y a-t-il que de mettre fin à cette obligation ? Mettre fin à toute forme d'esclavage n'est-elle pas dans les droits humains ? La vie étant de l'esclavage nous avons le droit d'y mettre fin quand ça nous chante et si ça nous enchante.

Si l’on veut dire « merde » à la souffrance d’exister qu’on nous a infligée en nous mettant devant le fait accompli de l’existence, quel autre moyen y a-t-il que le suicide ? Quel autre moyen y a-t-il de cesser d'exister plus tôt qu'imprévu, puisque condamner une personne à vivre c'est non seulement la condamner à mourir, mais à souffrir ? Se suicider est donc abonder dans le sens de ceux qui nous ont condamnés à mourir en leur donnant raison, et ainsi si je suis réincarné je pourrais me re-suicider beaucoup plus souvent... (ne sont-ils pas stupides ces croyants ?)

Lorsque l’on veut signaler à ses parents qu’ils nous ont infligé une existence dépourvue d’intérêt, ou pire humiliante (n'est-il pas mortifiant d'être difforme ou stupide par construction ? N'est-il pas humiliant de naitre dans un taudis ?) voire douloureuse, en nous mettant devant le fait accompli de l’existence, quels moyens avons-nous de le leur faire savoir ?

Quand on veut signaler à la société qu’elle est complice de nos géniteurs en leur donnant l’autorisation de nous procréer, ce qui est criminel selon ses propres lois, qu’elle refuse d’admettre ses torts et fait la sourde oreille; quels moyens avons-nous de le lui faire connaitre ? Fais tes comptes, la société ! Pourquoi la Terre est-elle surpeuplée ? (ne tergiversez pas sur le terme de surpopulation, allez donc lire mon article sur le thème.)

Ce qui conduit au suicide est-il dû à une maladie mentale ? Se suicide-t-on parce qu’on est malade, ou bien se suicide-t-on parce qu’on a compris l’inutilité de l’existence et qu’après avoir pesé le pour et le contre on choisit le plus évident, la solution à tous les maux ? La vie est absurde, c’est certain. La société l’est encore plus, c’est une certitude absolue. Elle est la somme des absurdités individuelles et produit infiniment plus de souffrances qu’elle n’en résout.

Le suicide est humain il n’a pas de base animale. Les animaux ne se suicident pas. Ils se font juste croquer de temps à autre pour éviter que l'autre moitié ne meure de faim. Le suicide demande de la réflexion. Nous sommes les animaux qui produisent le plus d’artificiels comme objet et comme acte. Il ne faut pas oublier que l’artificiel est inclus dans le naturel, donc actes et objets que nous réalisons ne débordent pas de la nature. Comme acte, notre artificiel peut aller jusqu’au suicide. Et puisque le suicide est artificiel, donc naturel, il n’est pas contre nature. Le suicide est donc une forme d'art. Voyez le rite du seppuku japonais. Rite social réputé dans l'univers entier.

Tous ces suicidés occasionnent, je l’espère pour l’empathie familiale humaine, des pertes cruelles, des souffrances multipliées par le nombre de membres de la famille du suicidé. Cela accroit bien entendu le malêtre général.

La société suicide quelques millions de membres de temps à autre. Nous appelons ça des guerres. Voilà encore d'autres formes du suicide social : prise de risques inconsidérés par les jeunes le plus souvent, métiers extrêmement dangereux, terrorismes, etc.

« Le suicide est un phénomène qui touche toutes les régions du monde; de fait, 75% des suicides ont eu lieu dans les pays à revenu faible ou intermédiaire en 2012. Le suicide a été à l’origine de 1,4% des décès dans le monde, ce qui en fait la quinzième cause de mortalité en 2012. » (OMS).

Quelques chiffres supplémentaires : Plus de 800 000 suicides par an dans le monde, équivalent au nombre de naissances en France par an. En 2011, plus de 11 000 décès par suicide ont été enregistrés en France, dans l’hexagone, et près de 200 000 personnes ont été reçues aux urgences après une tentative de suicide. Si le ratio est identique dans le monde, cela fait 24 millions de tentatives connues de suicide. Les tentatives non répertoriées et les gens qui pensent simplement, mais sérieusement à cesser d’exister sans oser même la tentative doivent être beaucoup beaucoup beaucoup plus nombreux. Qui n’a pas pensé à mettre fin à ses jours ?

Le suicide serait la 15e cause de mortalité dans le monde tous âges confondus et en 2012 il représentait la 2e cause de mortalité chez les jeunes entre 15 et 30 ans. Le suicide est un rejet de l’existence qui a été imposée. Le suicide est une insulte à ses parents. Il signifie « voilà ce que je fais de ce cadeau empoisonné que vous dites m’avoir donné. »

Par contre, la tentative de suicide signifie : « au secours, je ne comprends rien à votre société. Je ne suis pas adapté. Mon cerveau lutte contre mon corps. Au secours. Aidez-moi ! Help ! S.O.S. Je veux la Vérité sur l'existence, s.v.p. ! »

Restez en vie aussi longtemps que possible, dans la limite de votre torture mentale, et profitez-en pour dire ce que vous avez sur le cœur. Des gens qui subiront le même sort que vous, les humains en fabriquent à la pelle. Dites leur, à ces pondeuses et pondeurs sans scrupule, qu’il faut que ça cesse. Faites comme moi. Puis, attendez d’être proche de votre mort naturelle pour mettre fin volontairement à votre vie comme un autre signe du dégout de ce qu’on vous a fait tout en vous abandonnant à votre sort comme un animal mal sevré. Et surtout, préparez une lettre d’insultes à la société complice de votre existence. Sommes-nous humains, oui ou merde ?

Et pour terminer : « Demander à une femme de faire un enfant est une incitation au suicide puisqu'elle a au mieux deux chances sur mille d'en mourir, selon une moyenne mondiale. »

Fin – E. Berlherm


Le sens de la vie


Comme il est plus important de faire cesser le malheur et surtout de ne pas en rajouter, que de ménager les personnes. Je vais vous dire les quatre vérités de l'humanité :

Je ne cherche pas à vous dégouter de votre propre vie. Loin de là, au contraire. Vivez-là, cette vie, du mieux que vous pouvez, carpe diem, zénitude, coolitude, quiétude, serènitude, comme vous voulez, comme vous pouvez, comme vous souhaitez, comme vous l'imaginez et comme vous semblez désirer la jouez. Mais je veux absolument vous dégouter de fabriquer un enfant. C'est immonde de fabriquer un enfant. Cet enfant que vous désirez, dont vous rêvez, il ne vous appartient pas. Il n'est pas la chair de votre chair. Il n'est pas votre sang. Il n'est pas votre extension, votre alter ego. De la même façon que vous n'appartenez pas à vos parents ni à personne. Alors, ne faites pas l'animal stupide. Il est inutile de vous reproduire. L'univers ne vous donne aucun ordre. Cessez de mettre des personnes dans la même poubelle que la vôtre. Faites les rats vous-mêmes, tant que vous voulez, mais ne rajoutez aucune personne sensible dans vos détritus.

Je fais maintenant une petite mise au point : personne n'existe avant d'exister. Il n'y a pas d'âme que notre corps va enrober, pas plus de réincarnation. Les expressions « mise au monde », « donner la vie », et autres banales absurdités, ne veulent rien dire. Nous existons parce que nous sommes fabriqués. Comme une voiture. Et nous existons, nous vivons quand la construction est terminée. Lorsque j'emploie ces termes, c'est uniquement pour la lisibilité. Mais il faut toujours comprendre que « naissance = fabrication ». Et que fabrication nécessite carotte, pois chiche, lentilles, salades, orange, pomme, sucre, sel, lait, eau, vin avec modération, et pour les carnivores, poulet, steak, poisson, œuf, insectes, etc., qui sont les briques de notre corps.

Si vous jouez au jeu de la vie, en fait si vous acceptez de poursuivre le jeu de la vie qui vous a été imposé, vous devez en accepter les règles, car il ne peut en être autrement. Personne ne peut déroger aux règles de l'univers et de la vie, mourir étant un aboutissement normal. Pour se suicider, il faut avoir vécu, ce qui implique que vous ne pourrez jamais supprimer l'existence lamentable qu'on vous a imposé ; et se suicider n'est pas raccourcir sa vie, mais simplement y mettre un terme, car la vie est ce que vous avez vécu jusqu'à sa fin délibérée ou pas ; vous ne pouvez pas revenir en arrière ; pas de voyage dans le temps pour supprimer les ovules de maman Hitler avant la copulation si fatale à l'humanité.

Mais si vous jouez au jeu social qui vous a été imposé par vos égaux, devez-vous en accepter les règles alors même que leurs propres lois déclarent caduque un contrat imposé sous contrainte ou par manipulation, ce qui est le cas de l'existence en société ?

Je suis un être humain, une personne. Comme le dauphin je suis un animal doué de raison. Je ne sais pas si ce dauphin cherche un sens à sa vie, mais si j’en cherche un ce sera le mien et pas le vôtre. Alors, de quel droit imposer à une personne de devoir chercher un sens à sa vie, en la fabriquant, en la mettant au monde, et au risque de lui imposer en plus un handicap, la souffrance, pour finalement mourir. En fait en cherchant un sens à la vie on doit en donner un à la mort. Pourquoi faire souffrir et mourir si la vie n’a aucun sens dans l’absolu et tant que nous ne le savons pas ? Je vais donc vous donner ma réponse sur le sens de la vie. Elle est très concise :

La vie n’a aucun sens, aucun but pour la personne qui vit cette vie. Nous ne sommes que des serviteurs donc des esclaves. Esclave n'est pas un but ni une condition digne d'un être intelligent et sensible.

Car, avant d’exister la vie ne sert évidemment à rien. Et après avoir existé, la vie ne sert plus à rien.

Pendant l’existence, autant vivre dans le bienêtre. Mais on ne peut réaliser son carpe diem sur le dos d'une autre personne que l'on fabrique (c.-à-d. que l'on procrée) pour assouvir son propre besoin de bienêtre ; c'est stupide et ignoble.

Les vivants se posent souvent (toujours ?) la question du but de la vie, mais une personne qui n’est pas encore fabriquée ne se pose évidemment aucune question. Puisque la personne n'existe qu'après fabrication. La vie n’a aucun sens pour celui qui n’existe pas et n'en a pas plus après qu'il ait été fabriqué. La vie se subit toujours, car elle n'est jamais demandée par soi-même. Alors, pourquoi imposer ce dilemme féroce en fabriquant une personne ?

On entend souvent dire que la vie est une chose sérieuse. Mais si elle est sérieuse ne faites pas d'enfant, un enfant ça ne veut pas être sérieux, ça veut s'amuser, toujours. Et nous sommes tous enfants d'enfants. Nous sommes l'espèce la plus néoténique qui soit sur Terre, n'est-ce pas la preuve ? La copulation est un jeu. Conservez le jeu, mais supprimez sa finalité biologique, barrez la route à vos ovules et spermatozoïdes.

La vie est pérenne uniquement par habitude de copulation. La machine univers a induit ce mécanisme chez tous les animaux bisexués. Et tels des lapins ou des rats les humains copulent. Nul n’est pourtant tenu d’obéir aux ordres de quiconque et encore moins d’une machine. Nous sommes aliénés à une obsession. Nous nous reproduisons malgré nos capacités de réflexion, mais tout cela ne nous a conduit qu’aux guerres mondiales, aux pandémies, et aux famines, et la violence n’est toujours pas près de cesser.

Non seulement nous avons été enrôlés dans la société sans notre accord, mais également dans l’humanité et globalement dans la vie. Et de plus nous avons été fabriqués sans aucune maitrise du fabricant, ce qui très souvent conduit à des handicaps très lourds. Alors que même le plus léger inconvénient d’existence n’est pas justifiable puisque la vie n’a aucun sens même pour les existants.

La vie est un spectacle. Mais est-ce pour le spectacle que produisent les autres que vous faites vos propres enfants afin qu’ils servent de saltimbanques à ces autres ?

Ma mémoire enregistre ma vie pendant son cours. Mais une fois terminée mon existence, la bibliothèque que je suis est brulée, c'est un autodafé. La société, composée d'individus, stocke des livres et des vidéos, mais l'humanité finira comme chaque individu et tous ses enregistrements ne lui serviront plus. Car les individus capables de donner un sens à ces livres et vidéos disparaitront.

Si vous m'imposez la vie, ce n'est pas ma vie que je vis, c'est la vôtre, et il en va de même pour ceux qui m'ont fabriqué pour leur service. Mais au départ ce n'est que la machine univers qui à fabriqué le premier être vivant. Alors, pourquoi obéir à une machine ? Si encore vous viviez dans le bienêtre une vie passionnante, mais non, même pas !

Vous vivez en tant que rouage social. Vous vivez dans un système où après qu'on vous a fabriqué avec des défauts que vous n'avez pas demandé, puis éduqué avec des défauts supplémentaires, vous devez mériter votre salaire, vous devez donc mériter le corps fabriqué par vos parents avec l'accord de leurs associés.

Les humains sont une bande d'idiots.

Ils sont idiots de ne pas avoir compris que la masse est plus forte que l'individu. Ils n'ont pas compris le vrai sens de démocratie. Ne faites plus d'enfants. Ne faites plus d'esclaves. N'approvisionnez plus les marchands d'esclaves que sont vos oligarques ultra-capitalistes.

La nation est une reine, la société est une reine, le peuple est un roi, vous n'êtes pas libres vous êtes des sujets. Vous êtes des rouages. Vous fonctionnez. Faire un enfant c'est fabriquer un mécanisme social. Souvent cet enfant est loupé physiquement ou intellectuellement, et vous allez certainement louper son éducation. Là c'est le hasard qui joue. Mais dans une société il n'y a pas de hasard. Sur la phénoménale quantité de chiots que la nation, la maman patrie, va fabriquer cette année la même portion de ses petits sera loupée. Toujours. C'est systématique. Ce n'est plus hasardeux. C'est joué d'avance. C'est comme si vous aviez le désir de fabriquer ces malheureux handicapés. Du moment que vous êtes d'accord avec la pérennité de l'espèce, ou de la nation, alors vous êtes complices du crime de leur fabrication. Votre chef d'État, votre président de la République, votre roi, votre dictateur, votre représentant est l’ordonnateur de ce gâchis de chairs et d'os.

Vous n'êtes pas handicapés vous-mêmes, tant mieux pour vous si vous le croyez. Si vous le croyez, c'est que vous êtes tombé dans la démagogie parentale et sociale, car la perfection vous est due. Êtes-vous parfaits? Non, alors vous êtes handicapé. Vous n'êtes pas handicapé selon votre appréciation! Eh bien, je suppose maintenant, que vous avez compris que maman papa et la société se fichaient totalement que vous naissiez handicapé. Ils espéraient seulement. Ils misaient sur les statistiques. Pour eux, la fabrication n'était pas encore lancée qu'ils jouaient au casino sur votre tête. N'est-ce pas une belle conception de l'amour parental ?

Toute personne à qui l'on impose d'exister devrait au moins pouvoir vivre avec un corps sain et un intellect sain, sur une planète saine et non belliqueuse, et d'y mener gratuitement une vie longue et intéressante. Sinon il est inutile de la fabriquer. Réfléchissez les mamans (surtout les mamans), mais aussi les papas, et bougez les chefs de nations qui sont toujours à la traine de la philosophie existentialiste.

L’obligation d’exister implique le fait de ne pas être responsable d’exister ni d’aucune de nos actions au cours de l’existence. Nous sommes tous innocents d'exister. Nous devons tous nous considérer comme des invités sur la planète puisque nous sommes presque tous d'accord pour la pérennité de cette espèce envahissante et guerrière qu'est l'humanité. Alors dans un premier temps, je vais vous demander de partager cette notion d'innocence d'exister sur le web, si ce n'est pas trop vous demander. Ça devrait faire son buzz chez les juristes, n'est-ce pas ?

Maintenant que vous devez acheter votre air pour survivre (sous forme de masques, ce qui doit bien faire rigoler les musulmanes, soit dit en passant). Voici un petit conseil avant de sortir du déconfinement : lorsque vous êtes serré comme des sardines dans un bus ou le métro, éternuez bruyamment...

Fin – E. Berlherm



Le Politicien

Ce que tout le monde (ou presque) aimerait savoir, c'est pourquoi le politicien moderne ne parvient pas à résoudre les problèmes individuels de ses propres concitoyens, alors que c'est, parait-il, son désir initial. Il cherche à se faire élire pour ça. Il est élu pour ça.

Tous les humains sont politiciens dès qu'ils se mettent à réfléchir au « bien public », à la société ou à la Nation. Mais on ne sait pourquoi, l'individu est oublié. Les politiciens s'oublient eux-mêmes (un politicien est un honnête politicien, le malhonnête n'en est pas un). Pourtant chaque individu compte, un par un. Pourquoi font-ils de la politique de gros au lieu de faire de la politique de détail ? Il n'y a ni société ni nation sans individu.

La société m'a imposé l'existence. Le politicien est associé à cet acte irrémédiable qui n'a aucune utilité en ce qui me concerne. Il ne peut que me nuire. Le politicien est donc complice de ça, de ce crime abject sur un innocent. Commettant un tel crime pourquoi s'inquièterait-il de la suite de mon existence ? Un politicien n'est-il pas honnête par définition ? Il faut donc supposer que le politicien est inconscient que certains de ses actes sont abominables. Il faut donc lui transmettre les clés de l'honnête politique.

Quant à moi, pourquoi dois-je me préoccuper de mon propre sort alors que la société m'a désiré ? N'a-t-elle pas, cette société, prévue mon existence dans le bienêtre ? Si c'est dans le bienêtre, alors je n'ai rien d'autre à faire, qu'à vivre une vie, certes imposée, mais agréable. Et si ce n'est pas le bienêtre que vous me proposez comme existence, pourquoi m'avoir imposé cette vie alors que ce n'est pas ce que vous désirez pour vous-même ? Dois-je à mon tour devenir politicien parce que vous êtes inconséquent ? Dois-je devenir politicien pour régler les problèmes que vous ne parvenez pas à résoudre ? Pourtant la solution est simple : ne rajoutez des associés à vos sociétés, à vos nations, que lorsque les problèmes individuels de bienêtre seront tous résolus.

En France environ 800 000 personnes sont fabriquées chaque année. Le politicien qui ne pense qu'en gros, est la mère de ce pack d'individus, puisqu'il en prend volontairement la responsabilité. Et il en fabrique systématiquement dans le tas un pourcentage élevé de malportants. Il s'en fiche puisque son but est le gros, pas le détail. La nation doit tourner, sans raison, mais elle doit tourner parce que des rois ont lancé la toupie France bien avant, et que c'est devenu une habitude. Il faut que le machin tourne. Alors, les « malportants », il les oublie. Il s'en lave les mains. Il les laisse au tutorat des parents et éducateurs.

Comment appelez-vous un politicien qui lance la fabrication de milliers de malportants chaque année ? Comment appelez-vous un politicien qui fabrique des illettrés volontairement ? Qui fabrique des taulards volontairement ? Qui fabrique des clochards avec régularité ? Etc. Puisqu'il en veut la responsabilité, il est responsable. Il n'est pas responsable que des Nobel ! Bon, admettons encore une fois qu'il en est inconscient.

(Sinon, si ça l'intéresse, je peux lui apprendre que la responsabilité est une ânerie que les humains ont inventée... ainsi que le libre arbitre. Pour simplifier, chacune de ses fonctions mentales et chacune de ses connaissances est déterminée par les activités et structures des composants matériels de ces fonctions et connaissances : déterminé = déterminisme. Composants matériels qui constituent la pensée, mais qui ignorent qu'ils la constituent puisqu'ils ne pensent pas eux-mêmes. Pour modifier la pensée commune, il faut des outils variés, clé anglaise, tournevis, marteau, etc., mais je vous en offre un gracieusement, qui est « l'innocence d'exister ». Usez.)

La démocratie des bienportants n'a de sens que si tout le monde est bienportant, si tout le monde vit dans le bienêtre. Le bienêtre est une idéologie ultra-simple. Appelez-la « bienêtrologie ». Fondez le parti de la bienêtrologie.

Voici sa Constitution :

Préambule : Étant donné que toute personne doit vivre dans le bienêtre, sinon il est inutile de lancer sa fabrication. Étant donné que les conditions du bienêtre absolu sont réunies avant la fabrication de la personne. Étant donné que la pérennité de la société n'est pas une raison suffisante pour fabriquer une personne potentiellement malheureuse, d'autant plus quand son but est de garantir le bienêtre des individus qui la constituent. Étant donné que les dommages collatéraux de fabrication et d'éducation sur les individus sont interdits.

Article 1, 2 et 3 : Si tu m'imposes d'exister, tu me donnes le bienêtre, pendant la durée d'une existence très longue.

Fin de la Constitution de la bienêtrologie.

Voilà, accomplissez ceci et ce sera la fin de la politique et du politicien. Mais le politicien désire-t-il sa propre fin ? Réponse : le politicien étant honnête par essence, oui. Il suffit de lui ouvrir les yeux et la conscience.

Fin – E. Berlherm


L'erreur

Faisons-nous des erreurs ? Un logiciel fait-il des erreurs ? Quelle est la différence entre l'erreur humaine et la mauvaise réponse donnée par un logiciel ?

Si vous programmez un logiciel de calcul (par exemple), le programme peut être mal conçu et donner de mauvais résultat. La machine n'a pas fait d'erreur. Elle a donné le résultat parfait que lui a commandé sa programmation. Si vous programmez une table de multiplication et qu'elle vous affiche 5, à la demande 2 X 2, vous pouvez dire qu'elle a fait une erreur, sauf que ce n'est pas une erreur de sa part. Il s'agit seulement du mauvais résultat comparé à ce qui était prévu. Vous attendiez que la machine réponde 4. La machine a donné le mauvais résultat, mais elle n'a fait que suivre sa programmation qui lui commandait d'afficher 5. La machine a correctement fonctionné.

Si le programme a été mal conçu, vous pouvez dire que le programmeur a fait une erreur de programmation. Mais supposons que le programmeur soit un autre logiciel, un logiciel maitre. C'est un logiciel capable de concevoir un autre logiciel et de le programmer. Ceci est réalisable et déjà réalisé. Est-ce qu'on va dire que le logiciel maitre a fait une erreur alors que ça n'est qu'une machine, de même nature que le logiciel qu'elle conçoit ? On peut seulement dire que lui-même a conçu un programme qui ne donne pas le bon résultat. Le logiciel maitre a donc lui-même été mal conçu. Il n'a fait que suivre sa programmation.

Supposons maintenant que le logiciel maitre soit une IA, c'est-à-dire un système capable d'apprendre, et en fait qui n'est pas programmé directement pour agir de telle ou telle manière, mais qui doit s'adapter. Comme une IA d'échecs ou de go. Est-ce que cela change quelque chose lorsqu'elle conçoit une action qui ne correspond pas à ce que l'on attend ? Est-ce qu'on appelle ça une erreur ou une mauvaise conception de l'IA ?

En fait, nous allons parler d'erreur, parce que le mot est simple et couramment employé, mais personne ne va reprocher quoi que ce soit à l'IA, au logiciel maitre. Il fonctionne comme nous l'avons conçu. Ses pseudos-erreurs ne vont pas l'amener devant la cour de Justice.

Quelle différence faites-vous entre cette IA, ce logiciel, et l'enfant que vous avez conçu ? L'enfant que vous avez contraint d'exister pour vous rendre service ? Comment fonctionne-t-il cet enfant ? Ne produit-il pas les erreurs et fautes que vous avez commises sur lui ? Ne produit-il pas vos défauts de conception et d'éducation, c'est-à-dire de programmation ?

Vous ne maitrisez rien quand vous produisez cet enfant, pas plus sa fabrication que son éducation ; et vous le savez. Les éducateurs le savent, la justice le sait, le législateur le sait, le gouvernement le sait. Cette fabrication et cette éducation demandent une expertise extrêmement pointue qu'aucun être humain ne possède. Et pourtant vous pouvez accuser vos enfants de commettre des erreurs.

Vous pouvez leur trancher la tête, les fusiller, les pendre, les torturer, les incarcérer dans l'isolement total. Vous êtes excusables, car vous avez été vous-même très mal fabriqué et très mal éduqué. Vous n'avez pas commis d'erreurs, vous avez été simplement mal conçu par d'autres êtres mal conçus eux-mêmes, et vos actes, comme les leurs, correspondent au fait que vous avez été mal conçus.

Ce n'est que votre mauvaise conception par vos géniteurs qui vous font vous conduire comme vous vous conduisez. Vous n'y êtes pour rien. Vous fonctionnez. Vos concepteurs également. Et pourquoi devriez-vous supporter d'avoir été mal conçu ? Pourquoi devriez-vous supporter d'avoir été conçu, tout simplement ?

Quand nous disons « Je » fais ceci, « Je » fais cela, ce sont nos concepteurs qui nous ont éduqués pour apprendre à dire « Je » à bon escient. C'est du moins ce qu'ils ont essayé et la plupart du temps ils y parviennent sans savoir comment précisément. Mais combien fabriquent-ils de troubles de la personnalité ? Des exclus de la marche normale de la société, donc transparents.

La volonté s'apprend également, ainsi que l'intention, et toutes les autres fonctionnalités mentales. Elles sont constituées de mécanismes neuronaux dont nous ignorons intimement tout le fonctionnement. Le cerveau est une boite noire constituée de mécanismes noirs. Notre pensée est faite de sortes de logiciels qui contrôlent d'autres sortes de logiciels ; le logiciel maitre étant celui que nous nommons « Je », mais il n'est qu'une sorte de logiciel qui a été « construit » et « programmé ».

Vous ne vous « sentez » pas machine ? Moi non plus et pourtant cela fait plus d'un quart de siècle que je sais tout cela ou presque et plus d'un demi-siècle que je le subodorais.

Alors comment peut-on changer les choses sans violence ? Eh bien en parlant. En corrigeant l'éducation. En changeant la loi. En mettant dans le crâne des personnes, que nous sommes tous innocents d'exister donc innocents de nos actes, car contraints d'exister. En faisant savoir que nous ne sommes que le résultat de notre fabrication et notre éducation. En interpelant la Justice qui doit appliquer la loi dans toute sa vérité : nous sommes innocents d'exister, nous ne sommes pas responsables.

Si nous reprogrammons nos cerveaux par ces petits coups de tournevis dans nos logiciels mentaux, peut-être que nous y parviendrons. Mais il faut cesser de croire, et de croire à notre origine divine. Si cela avait été le cas, le programmeur divin aurait été vraiment mauvais. En tant que dieu, j'aurais été cent fois meilleur que lui. Et surtout, je ne vous aurais pas reproché mes erreurs de conception. Je ne vous aurais jamais reproché et conçu pour que vous vous reprochiez vos propres erreurs de conception. Il est inimaginable qu'il vous soit imposé des conduites aussi stupides.

Fin – E. Berlherm


L'empathie

Je voudrais vous proposer une expérience de pensée, sur la pensée elle-même. Ce n'est pas de l'introspection. Mais à partir d'une observation que je me suis faite sur la mémoire et la manière dont nous stockions les objets dans notre cerveau.

La science nous a appris que la lumière, provenant en général du soleil ou d'une source lumineuse, frappait les objets et en quelque sorte rebondissait dans toutes les directions et en particulier vers nos yeux quand nous étions à proximité. Et de manière automatique le cerveau utilise les signaux provenant de l'objet et forme une image correspondant à cet objet. Il nous renseigne assez exactement sur sa couleur, sa forme, ses dimensions, et sa position dans l'espace. Ce n'est pas notre cerveau qui projette l'image devant nos yeux. Pourtant c'est bien l'impression que nous avons. Mais d'après ce que nous dit la science, l'image est une production du cerveau. Je suppose donc que si je regarde un paysage, tout cet univers qui me fait face à des kilomètres, ces nuages et ces montagnes sont en fait des images dans mon cerveau. Ces objets de la nature sont pourtant à des kilomètres et sont très grands. Alors comment mon cerveau parvient-il à me faire croire qu'ils sont devant moi ? Comment peut-il contenir quelque chose qui est plus grand que moi ? (Mais ça, c'est une question annexe et je vous donnerais ma réponse dans un autre article.)

Donc, voilà un gobelet rouge un peu étrange. Je le place devant vous. C'est la première fois que vous le percevez. Si on fait une IRM de votre cerveau à ce moment, on va probablement voir que le cortex visuel est actif ainsi que et certainement d'autres zones du cerveau. Puis si je vous représente le même gobelet une seconde fois après l'avoir caché quelques instants, ce seront en gros les mêmes zones de mémoires qui vont être activées. Si la mémoire n'est pas répétitive, je ne vois pas comment ça peut fonctionner. Donc supposons que l'image du gobelet soit stockée dans la zone alpha du cerveau, quelle qu'elle soit.

Si je vous montre une troisième fois le gobelet, cette même zone de mémoire sera activée. On peut le supposer sans trop se tromper. Sauf que je vous ai montré cette fois-ci un deuxième gobelet, parfaitement identique au premier. J'ai à ma disposition deux gobelets, que j'ai noté A et B. Et c'est donc le B que je vous ai montré cette troisième fois. Ma question est donc : ce gobelet est-il décodé par votre cerveau dans la zone alpha ? Puisque vous n'avez pas fait la différence et que vous l'avez reconnu comme étant A alors qu'il était B, cela parait correct. N'est-ce pas ?

Voilà le paradoxe : que se passe-t-il quand je vous montre les deux objets simultanément ? Vous en percevez deux. Mais si j'en cache un quelconque, A ou B, on se retrouve dans la situation initiale. Vous reconnaissez le gobelet restant devant vos yeux, quel qu'il soit, comme étant le A. Donc, pourquoi en voyez-vous deux quand je vous en montre deux, et comment le cerveau qui semble décoder les deux gobelets au même endroit alpha dans le cerveau, nous en montre-t-il deux (ce qui est préférable) ?

En informatique, nous réalisons ce type de simplification, cela évite de multiplier la programmation et d'user de la mémoire logicielle pour rien. Il y a une seule zone de mémoire représentant l'objet dans le logiciel, mais nous pouvons tracer l'objet à des emplacements différents sur l'écran afin de le multiplier autant que nécessaire. Par analogie, cela signifierait que le cerveau pourrait fonctionner comme un écran. Pourquoi pas ? Une zone écran et une zone logicielle...

Bon, passons à l'empathie. Une fois qu'on a posé l'idée que deux objets similaires sont décodés au même endroit dans le cerveau, on peut tenter de passer à l'être humain. Prenons par exemple des jumelles, Virginie et Gisèle. Vous êtes présenté à Virginie, et le jour suivant vous rencontrez Gisèle par hasard, et bien entendu vous la saluez par un « Bonjour Virginie ! ». Il est évident que votre cerveau l'a décodé par la zone de mémoire correspondant à la première des deux sœurs.

Maintenant, mettez-vous à la place des deux sœurs. Quand elles se regardent face à face, elles doivent avoir l'impression de se voir dans un miroir. C'est-à-dire que l'une comme l'autre décode sa sœur dans la même zone de mémoire correspondant à la zone de l'image d'elle-même vue dans le miroir.

Quand chacune d'entre elles de son côté a une émotion, on peut supposer que les circuits nerveux correspondants à cette émotion doivent avoir une relation directe avec les neurones correspondants à l'image d'elle-même, donc à l'image de leur sœur. De la même façon que la sonnerie du téléphone est associée à l'image du téléphone dans le cerveau, sinon on voit mal comment le cerveau ferait la connexion entre les données concernant un objet.

Donc j'en déduis que l'empathie vient de cette capacité du cerveau à décoder les choses semblables au même endroit. Et comme les humains se ressemblent, les émotions que l'on ressent se connectent aux êtres qui nous ressemblent plus ou moins et d'une manière ou d'une autre, par leur physionomie ou leur allure générale.

Pour conclure avec la notion d'innocence d'exister. Pourquoi ne pas user de l'empathie pour votre propre enfant et le reporter sur tous les enfants du monde ? Ils sont tout comme votre enfant, innocents d'exister et innocents de leurs actions, car ils ont été contraints d'exister, tout comme votre bambin. En ce qui concerne votre propre enfant, vous pouvez, vous devez au moins admettre que c'est bien vous qui lui avez imposé de participer à votre vie dans notre monde, sans qu'il vous ait donné son approbation à cette sentence d'existence ! N'est-ce pas ? Donc, reconnaissez son innocence d'exister, et si vous le faites, vous admettrez celles des autres enfants, et en fait celle de tous les humains qui sont tous enfants d'enfants depuis l'origine du monde humain.

E. Berlherm




Devoir et Liberté ?

Il parait que je suis libre, mais :

je dois exister parce que d’autres me l’ont imposé ;

je dois accepter le fait accompli de mon existence ;

je dois accepter ma nature, la Nature, l’univers, le système solaire, le soleil, la lune, les étoiles, la terre, etc. ;

je dois accepter mon humanité ;

je dois accepter ma société, ma nation, les autres sociétés, les autres nations, les frontières ;

je dois accepter mon genre féminin ou masculin ; et donc ma sexualité ; et donc ma libido ; et donc mes hormones ;

je dois croitre ;

je dois sortir du ventre de ma mère ;

je dois naitre ;

je dois respirer ;

je dois boire ;

je dois manger ;

je dois excréter, déféquer, uriner, suer, pleurer, vomir, saigner, etc. ;

je dois dormir ;

je dois rêver ; je dois cauchemarder ;

je dois grandir ;

je dois ressentir, voir, entendre, gouter, etc. ;

je dois souffrir, car la souffrance a été installée en moi ;

je dois subir mes émotions ;

je dois accepter mes handicaps, présents et futurs, et ceux des autres ;

je dois accepter les maladies, les miennes et celles des autres ;

je dois être vacciné ;

je dois être inconscient et conscient ;

je dois percevoir ;

je dois subir ma bonne mémoire comme ma mauvaise mémoire ;

je dois penser ;

je dois avoir de la volonté ;

je dois choisir ;

je dois avoir des intentions, de la volonté ;

je dois apprendre ; je dois être éduqué ;

je dois subir les autres, ma génitrice, mon géniteur, ma famille, les enfants, les adultes, la société, l'humanité, etc. ;

je dois subir la hiérarchie familiale et sociale ;

je dois obéir aux ordres ;

je dois subir l’école ;

je dois subir les examens ;

je dois obéir aux coutumes et aux lois familiales et sociales ;

je dois subir le chantage familial et social toute ma vie ;

je dois faire des enfants (non, ça, je n’y suis pas obligé, je suis même le seul animal qui n’y soit pas mécaniquement contraint par la nature malgré les désirs copulatoires ; malgré mes érections ; malgré mes rêves érotiques ; malgré les tentatrices ; malgré...) ; 

je dois subir l’univers et ses mécanismes, le monde, le climat, la pluie, les nuages, l’ombre, la lumière, la nuit, le jour, le matin, le soir, la gravitation, mon poids, l’air, le vent, etc. ;

je dois subir le froid, la chaleur, l'humidité, la sècheresse, etc. ;

je dois subir les religions ;

je dois subir la Bêtise humaine, ma propre bêtise ;

je dois subir les faiblesses de mon corps, ma fragilité physique et mentale;

je dois subir le temps ; les secondes, les minutes, les heures, les jours, les semaines, les mois, les années, mais pas les siècles ni les millénaires sauf les millénaires passés ;

je dois subir la violence des autres, leur agressivité ;

je dois subir la douceur, l'empathie, la compassion même si c'est préférable aux précédents ;

je dois subir le mensonge, l'hypocrisie ;

je dois subir la concurrence entre humains et la compétition ;

je dois gagner ma vie alors qu’on me l’a donnée ;

je dois mériter mon sort alors que je n’ai pas demandé de sort quelconque;

je dois travailler pour éviter la souffrance puisque je dois manger ou mourir ;

je dois payer des taxes et des impôts sur mon travail, qui est déjà une corvée sociale ;

je dois vieillir ;

je dois subir les handicaps de l’âge, jeunesse et vieillesse ;

je dois payer ma retraite à l'avance, pas encore mon enterrement, mais cela va venir alors que je n'ai pas demandé à exister ;

je dois me poser des questions, me torturer l’esprit sur l’existence, sur la vie, la mort ;

je dois mourir ; et très souvent nous mourons dans la douleur pour épicer la fin de vie ;

Aujourd'hui, début avril 2020, je dois subir le confinement dû au virus covid-19 ;

mais il parait que je suis libre…

 [Et si vous ne l'aviez pas encore compris, vous êtes innocents d'exister donc innocents de tous vos actes, et n'oubliez pas que les autres sont tout aussi innocents que vous ; ce qui est peut-être très troublant, mais c'est ainsi. Tirez-en les bonnes conclusions.]


Fin – E. Berlherm



La cage

Si je vous installe sans votre consentement à 40 ans dans une cage de 3m², on peut supposer que vous allez tenter de vous échapper et de vous venger.

Si j'augmente la taille de la cage à 20m², cela ne devrait rien changer à votre haine à mon égard.

En fait, quelles que soient les dimensions du lieu de votre détention, de l'endroit où je vous installe agréablement ou non, vous êtes en droit de m'en vouloir à mort puisque je gère votre vie à ma guise. Ce n'est qu'une question de principe.

Et si vous avez un âge différent, cela ne devrait rien changer.

Mais si je parviens à vous berner, cela pourrait être la seule manière de vous faire tenir tranquille.

La meilleure façon de vous tromper, n'est-elle pas de vous installer très jeune là où je le désire, puis de vous faire croire que cela est normal ? En fait je n'aurais rien à vous dire puisque vous ne connaitrez rien d'autre et que votre cerveau sera imprégné de ce que j'aurais décidé pour vous.

C'est ainsi que font les parents, avec leurs enfants. Il va même vous sembler normal de naitre handicapé, de mourir du cancer, de subir des accidents de la route, des fractures, des tétraplégies, de devenir parkinsonien ou alzheimer, d'entendre parler de guerre ou d'y participer, de subir des attentats ou d'en commettre, d'être criminel ou victime, d'être emprisonné, de devoir acheter votre corps (la nourriture), acheter votre eau, et votre air (un masque pour filtrer l'air contre les virus polluants), de vivre en HLM, dans un bidonville, une iourte, subir +50° ou -50°, etc., puis de mourir.

N'est-il pas normal au milieu de tant de milliards d'humains qui pullulent normalement d'être un bipède, de regarder les oiseaux avec envie, les guépards avec admiration, les baleines avec stupéfaction, les insectes avec étonnement, dérision ou dégout ?

Les parents vous installent dans le couloir de la mort dès la naissance et c'est normal puisqu'ils vous le disent, puisque tout le monde vous le dit.

Effectivement, c'est normal, puisque la normalité c'est de faire comme tout le monde ; et plus il y a de monde plus la normalité est normalisée, à tel point qu'on est obligé de fabriquer des lois pour normaliser le monde avec encore plus de rigueur. Mais c'est stupide.

La cage se nomme Terre. Elle ne fait que 510 millions de km².

Si vous n'avez pas compris que vous étiez innocents d'exister, car contraints d'exister, et donc innocents de tous vos actes, peut-être ces quelques mots vous en auront-ils fait prendre conscience ! De façon annexe, demandez-vous pourquoi la société et ces milliards de têtes pensantes ne vous ont pas révélé le subterfuge. Songez à tous ces condamnés stockés en prison par une révoltante injuste justice qui ont pourtant droit à une juste révolte du simple fait d'exister.

E. Berlherm